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LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
la déviation massive des particules alpha, aussi n'était-il pas
nécessaire de déterminer leur configuration exacte autour du
noyau. L'atome conçu par Rutherford n'était plus, plaisantaitil, « le bel objet dur, rouge ou gris, comme on voudra 48 » en
lequel il avait été amené à croire.
La plupart des particules alpha traverseraient sans
problème l'atome de Rutherford dans toute «collision»,
puisqu'elles étaient trop loin du minuscule noyau central
pour subir la moindre déviation. D'autres dévieraient légèrement de leur trajectoire en rencontrant le champ électrique
créé par le noyau. Plus elles passeraient près du noyau, plus
elles seraient affectées par son champ électrique et plus elles
seraient déviées de leur trajectoire initiale. Mais si une particule alpha se dirigeait droit sur le noyau, la force de répulsion
entre les deux la projetterait en arrière comme une balle qui
rebondit sur un mur de brique. Ainsi que l'avaient constaté
Geiger et Marsden, ces coups au but étaient extrêmement
rares. C'était, comme disait Rutherford, « comme si on
essayait de tirer sur un moucheron dans l'Albert Hall en
pleine nuit 49 ».
Le modèle de Rutherford lui permit de faire des prédictions précises en utilisant une formule simple qu'il avait luimême dérivée et qui exprimait la proportion de particules
alpha susceptibles d'être diffusées pour n'importe quel angle
de déflection. Il ne voulait pas présenter son modèle de
l'atome avant de l'avoir fait tester par une étude minutieuse
de la répartition angulaire des particules alpha diffusées.
Geiger se chargea de la tâche et trouva que la répartition des
particules alpha était totalement en accord avec les estimations théoriques de Rutherford.
Le mardi 7 mars 1911, Rutherford annonça son modèle de
l'atome dans un bref article sur «La diffusion des rayons
alpha et bêta par la matière et la structure de l'atome »
présenté lors d'une séance de la Société littéraire et philosophique de Manchester. Le même jour, il reçut une lettre de
son ami William Henry Bragg l'informant que « cinq ou six
ans plus tôt » le physicien japonais Hantaro Nagaoka avait
construit un atome «avec un gros centre positif 0 ».Bragg ne
le savait pas, mais Rutherford avait rencontré Nagaoka
LE GRAND ROMAN DE LA PHYSIQUE QUANTIQUE
la déviation massive des particules alpha, aussi n'était-il pas
nécessaire de déterminer leur configuration exacte autour du
noyau. L'atome conçu par Rutherford n'était plus, plaisantaitil, « le bel objet dur, rouge ou gris, comme on voudra 48 » en
lequel il avait été amené à croire.
La plupart des particules alpha traverseraient sans
problème l'atome de Rutherford dans toute «collision»,
puisqu'elles étaient trop loin du minuscule noyau central
pour subir la moindre déviation. D'autres dévieraient légèrement de leur trajectoire en rencontrant le champ électrique
créé par le noyau. Plus elles passeraient près du noyau, plus
elles seraient affectées par son champ électrique et plus elles
seraient déviées de leur trajectoire initiale. Mais si une particule alpha se dirigeait droit sur le noyau, la force de répulsion
entre les deux la projetterait en arrière comme une balle qui
rebondit sur un mur de brique. Ainsi que l'avaient constaté
Geiger et Marsden, ces coups au but étaient extrêmement
rares. C'était, comme disait Rutherford, « comme si on
essayait de tirer sur un moucheron dans l'Albert Hall en
pleine nuit 49 ».
Le modèle de Rutherford lui permit de faire des prédictions précises en utilisant une formule simple qu'il avait luimême dérivée et qui exprimait la proportion de particules
alpha susceptibles d'être diffusées pour n'importe quel angle
de déflection. Il ne voulait pas présenter son modèle de
l'atome avant de l'avoir fait tester par une étude minutieuse
de la répartition angulaire des particules alpha diffusées.
Geiger se chargea de la tâche et trouva que la répartition des
particules alpha était totalement en accord avec les estimations théoriques de Rutherford.
Le mardi 7 mars 1911, Rutherford annonça son modèle de
l'atome dans un bref article sur «La diffusion des rayons
alpha et bêta par la matière et la structure de l'atome »
présenté lors d'une séance de la Société littéraire et philosophique de Manchester. Le même jour, il reçut une lettre de
son ami William Henry Bragg l'informant que « cinq ou six
ans plus tôt » le physicien japonais Hantaro Nagaoka avait
construit un atome «avec un gros centre positif 0 ».Bragg ne
le savait pas, mais Rutherford avait rencontré Nagaoka
