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Chapitre 2
mesure que l’on rallonge le cylindre, les gains en
travail sont de plus en plus faibles.
Le moteur compound répond à ce problème en utilisant plusieurs cylindres en série (figure 2.17). La
vapeur à haute pression déplace d’abord un piston
de petit diamètre (limitant ainsi la force exercée sur
le mécanisme). Ensuite, elle est transférée dans un
autre cylindre, de plus grand diamètre. Celui-ci permet d’obtenir une force identique avec une pression
plus basse ; il balaie un plus grand volume.
Figure 2.17 – Cylindres en série, dits compound.
Schéma CC-by-sa Olivier Cleynen
Ainsi, en augmentant le volume total balayé par la
vapeur en expansion, on peut extraire plus de travail
de la vapeur compressée, sans surdimensionner le
vilebrequin ni surcharger les pistons.
Avec un tel moteur, la marine marchande est capable d’abandonner le cabotage : elle s’empare de
cette nouvelle technologie qui connaît un succès
immédiat. De deux cylindres en série (double compound) on passe à trois, et même parfois quatre
(quadruple compound !), pour extraire de la vapeur
à chaque fois plus d’énergie, sous forme de travail.
L’enthousiasme gagne les armateurs, qui se targuent
désormais ne plus devoir brûler qu’une feuille de
papier pour déplacer une tonne de cargaison sur
un mile. Même s’il s’entend que ledit papier est
fort épais, l’avancée est faite. Voilà le thé des Indes
bientôt dans les tasses londoniennes – l’empire britannique dispose à partir de ce moment des machines dont avait besoin son formidable réseau économique.
Figure 2.18 – Différents systèmes compound à vapeur.
Images par Prof. William Ripper, 1889 (domaine public)
Thermodynamique de l’ingénieur par Olivier Cleynen
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