Adopter une approche agile
CHAPITRE 7
239
acquérir cette densité émotionnelle que la technique ne développe pas naturellement pour
être mieux armé et donc plus efficace. »
C’est un constat : l’humanisme fait, à présent, son entrée dans le monde de l’informatique.
Et c’est tant mieux ! Les machines et les programmes tournent grâce à l’intelligence et
aux émotions des hommes qui les conçoivent.
Et dans le cadre…
D’un contrat au forfait ?
Pourquoi les clients veulent-ils des contrats au forfait ?
Les clients souhaitent des contrats au forfait, non pas parce que les prestataires fournissent, dans ce cas, des estimations fiables qui les engagent, mais précisément parce qu’ils
savent que les estimations ne sont jamais fiables. Forts de ce constat, au travers du contrat
au forfait, les clients reportent sur le prestataire les risques liés aux dépassements de délai
et de coût constatés lors de la plupart des projets.
Le contrat au forfait est donc souvent privilégié pour répondre à des directives de réduction ou de contrôle accru des coûts de réalisation des budgets, alors que c’est souvent
le contraire qui se produit. L’exemple suivant illustre un cas fréquemment rencontré : le
projet devait durer six mois, mais il dure depuis douze mois, et ce n’est pas fini ! Le client
devra peut-être attendre (et payer ?) trois mois supplémentaires pour obtenir un produit
fini.
Pourquoi les contrats au forfait ont-ils l’effet inverse de celui visé ?
Un contrat au forfait est un engagement de résultat de la part de l’équipe de réalisation, c’està-dire la fourniture d’un résultat convenu, à un prix fixé et dans un délai imparti.
Cet engagement est pris par le prestataire sur la base d’une estimation, élaborée à partir
des exigences du client, avant le démarrage du projet. Or le premier risque majeur réside
dans le calcul en amont de cette estimation, puisque plus l’on veut une estimation fiable,
plus l’on doit disposer d’une bonne compréhension des besoins, d’une bonne connaissance
du contexte et de l’architecture à implémenter. En réalité, la fiabilité de l’estimation
n’augmentera qu’avec l’avancement du projet et ce, quel que soit le niveau d’expertise du
prestataire.
Au-delà de ce premier risque, les difficultés inhérentes à tout projet font qu’il est difficile
de fixer à la fois le périmètre, le résultat, le délai et le budget ; quelle est, alors, la variable
d’ajustement ? La qualité ! Elle sera en effet sacrifiée, car si les clients veulent mieux
contrôler leurs budgets, les prestataires sont aussi des sociétés avec des objectifs de
rentabilité. Il n’y a donc aucune raison qu’ils supportent, seuls, la charge liée aux dépassements.
L’autre travers du contrat au forfait est la mise en place d’un processus lourd de contrôle
des changements. Acceptant, l’un comme l’autre, la possibilité de faire évoluer, dans une
GestProjInform Livre Page 239 Vendredi, 3. avril 2009 12:07 12
Précédent

- 256/290

Suivant