Planifier son projet
CHAPITRE 4
125
À partir du calcul de la vélocité de l’équipe, hypothétique au début puis plus réaliste à
l’issue d’une première itération, on re-calibre cette vélocité ; on peut déduire le nombre
d’itérations, et donc la durée du projet, en divisant la taille globale du projet par la vélocité.
Cette approche simple fonctionne sur de nombreux projets agiles. La mesure de la vélocité présente l’avantage de pouvoir détecter très tôt un retard éventuel si finalement la
vélocité est plus faible que prévue, sans impacter l’estimation de la taille des stories.
L’estimation de la taille des stories peut, quant à elle, évoluer, avec une connaissance plus
approfondie du besoin du client et si elle se révèle plus complexe que prévue. On ajuste
l’une indépendamment de l’autre.
Là encore, les données du passé sont essentielles, car elles sont une référence ; si une
user story correspond à la création d’un formulaire et que l’on a déjà développé un
formulaire d’inscription sur un projet précédent, il sera plus facile de calibrer la taille de
cette story, puisqu’on l’a déjà fait ; c’est un point de repère pour réduire les hypothèses.
Il existe une alternative à la technique des story points, avec l’estimation en ideal days.
La technique des ideal days
Le temps idéal (ideal time) est le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche sans interruption de travail, avec toutes les ressources requises. Le temps écoulé (elapsed time) est
le temps réellement constaté sur une horloge ou un calendrier durant la réalisation de la
tâche. On constate toujours, en effet, un écart entre ces deux mesures, parce qu’une
ressource a, chaque jour, des tâches additionnelles (répondre à un e-mail ou un appel
téléphonique, se documenter, valider une fonctionnalité avec le client…) qui allongent le
temps estimé idéalement.
L’estimation de la taille du projet en temps idéal suppose que l’on évalue le nombre
d’ideal days (temps idéal en jours) pour développer toutes les user stories, sans
qu’aucune interruption ne vienne perturber le travail. Avec la vélocité de l’équipe, on est
en mesure de déduire la durée du projet, comme avec la technique des story points.
Cette technique fonctionne sans problème avec une équipe qui se connaît bien et qui a
l’habitude de travailler ensemble ; sa vertu est que l’on accepte les « surcharges pondérales » non prévues, ces tâches invisibles qui allongent systématiquement le délai et qui ne
sont pas toujours prises en compte dans une planification classique.
Exemple
Si la taille du projet est estimée à 100 story points et que la vélocité de l’équipe est estimée à
10 points pour une itération de deux semaines, on peut en déduire que le projet durera dix
itérations de deux semaines, soit vingt semaines.
GestProjInform Livre Page 125 Vendredi, 3. avril 2009 12:07 12
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