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chapitre n° 1
Le niveau conceptuel : face à face Merise/UML
Pour la petite histoire, dans les premières versions du formalisme entité-association français,
les cardinalités étaient notées selon le formalisme américain, influencé par la majorité des
relations binaires. C’est en réfléchissant sur les associations n-aires que le groupe de travail de
l’AFCET a choisi (fin 1975) la notation actuelle. Ce choix a l’avantage d’être cohérent quel
que soit le degré de l’association car les cardinalités sont indépendantes de la dimension de
l’association.
Les cardinalités d’une association n-aire sont interprétées différemment dans les deux formalismes. Dans le modèle de Chen, les contraintes de cardinalités d’une entité donnée sont lues à
partir des autres entités de l’association (sens entités connectées Æ entité concernée), alors
qu’avec Merise, elles sont lues du sens entité concernée Æ entités connectées. De plus,
contrairement aux associations binaires et pour une modélisation donnée, les cardinalités
n’auront pas les mêmes valeurs pour les deux formalismes [SOU 98].
Le problème de l’approche de P. Chen réside dans son manque de cohérence entre la représentation des associations binaires et des associations n-aires. La majorité des outils de conception
américains n’ont pas suivi cette vision des choses car ils ont été incapables de programmer ce
concept (même le produit Designer d’Oracle). Ces outils modélisent les associations n-aires
en définissant n+1 entité(s), dont n sont reliées à une seule par des associations binaires un-àplusieurs.
Il en va de même pour la notation UML, qui bien qu’adoptant la notation française pour les
associations n-aires, voit limitée la programmation d’un tel concept (bon nombre d’outils
comme Rational Rose supportent mal le concept d’association n-aire). D’ailleurs, dans son
dernier ouvrage G. Booch [BOO 01] reconnaît un « problème » avec les associations n-aires
(qu’il passe ensuite rapidement à la trappe…). Nous verrons ultérieurement qu’il n’y a pas de
« problème » et reviendrons concrètement sur l’interprétation des cardinalités des associations
n-aires dans le cadre de ces deux approches.
L’exemple 1-7 décrit l’association binaire Connecter dans le formalisme proposé par P. Chen.
Nous verrons que les cardinalités d’une association binaire dans le modèle de Chen et dans le
formalisme UML sont positionnées de façon identique.
Figure 1-7 Formalisme de P. Chen
Poste_travail
nserie
adr_IP
typeposte
Segment
Ind-IP
nom
longueur
Connecter
0,1
1,N
Se lit : « Un poste de travail est
connecté à 0 ou à 1 segment »
Se lit : « Un segment connecte au
minimum 1 et au maximum N postes »
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