“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 398 — #421
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Paléoclimatologie
Dans les régions extratropicales, un mode de variabilité important est l’oscillation nord-atlantique (NAO). C’est une oscillation de pression entre les
latitudes tempérées et les latitudes subpolaires, souvent définie comme la différence de pression normalisée entre la dépression d’Islande et l’anticyclone
des Açores. Elle est associée à des changements des vents dominants d’ouest
sur tout le bassin Atlantique Nord, et affecte le climat de toute l’Europe et
de ses environs. Par exemple, les phases positives de la NAO (NAO+) sont
associées à un décalage vers le nord des routes dépressionnaires, à des hivers
doux et pluvieux et à une situation de sécheresse sur le sud de l’Europe. Les
modèles actuels simulent correctement les propriétés spatiales de la NAO,
mais de façon moins satisfaisante les propriétés temporelles. En particulier,
la tendance actuelle de la NAO (augmentation des phases positives) est sousestimée par les modèles. Les origines de cette sous-estimation peuvent être
variées : mauvaises représentations des interactions entre la stratosphère et la
troposphère, des échanges entre les ondes stationnaires et activité transitoire
(tempêtes) ou des échanges avec la surface de l’océan.
10.2.3.3 Évolution récente du climat
Simuler l’évolution de la température globale de la surface de la Terre
observée depuis 150 ans est une des façons d’éprouver les modèles climatiques. Depuis 150 ans environ, l’augmentation régulière de la concentration
des gaz à effet de serre entraîne un accroissement du forçage radiatif qui atteint
2,5 W/m
2 environ en 2000 par rapport à 1850. On estime que l’incertitude
sur ce forçage est assez faible, inférieure à ±10 %. Les combustibles fossiles
contenant du soufre, les émissions de CO 2 sont accompagnées d’émissions de
SO 2 à l’origine de la formation d’aérosols sulfatés. Ces aérosols produisaient
en 2000 un forçage radiatif d’environ –1 W/m
2 , mais cette valeur est assez incertaine puisqu’elle s’étend de –0,5 à –2 W/m
2 selon les estimations. De plus,
d’autres aérosols, comme les suies ou les aérosols issus des feux de biomasse,
pourraient également jouer un rôle important, mais leurs effets sont encore
plus mal connus. Ainsi, le forçage radiatif dû à l’accroissement des gaz à effet
de serre, qui est positif, est masqué à hauteur d’un tiers environ (mais avec
une incertitude assez forte) par le forçage radiatif des aérosols, qui est négatif. En plus des forçages anthropiques, il y a les forçages naturels. À l’échelle
du siècle, ce sont principalement les variations de l’intensité du rayonnement
solaire incident, et les très fortes éruptions volcaniques qui injectent des aérosols jusque dans la stratosphère, où ils peuvent rester plusieurs mois, voire
plusieurs années. Ces aérosols réfléchissent le rayonnement solaire, ce qui créé
un forçage négatif. Les très fortes éruptions ont été plus nombreuses à la fin
qu’au début du xx
e siècle, créant ainsi en moyenne un forçage radiatif plus
marqué sur cette période. Indépendamment de la réponse climatique, il y a
donc en amont une incertitude sur le forçage radiatif lui-même, de ±50 %
environ (IPCC, 2007 [15]).
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