“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 397 — #420
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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fluctuations horaires ou quotidiennes à des fluctuations interannuelles ou décennales, voire à des échelles de temps plus longues. Une des façons de caractériser ces fluctuations est de chercher celles qui ont une structure spatiale de
grande échelle (typiquement, l’échelle du bassin océanique ou du continent),
qui soit fixe ou qui se propage, et de caractériser son évolution temporelle
(amplitude, phase). On parle de « modes de variabilité », dont certains sont
bien connus comme El Niño-Southern Oscillation (ENSO) dans le Pacifique
tropical ou l’oscillation nord-atlantique (NAO en anglais), qui domine les fluctuations du temps et du climat sur toute l’Europe.
L’ENSO est le mode dominant de la variabilité tropicale de l’échelle interannuelle à décennale. La phase chaude, ou événement El Niño, se caractérise notamment par un réchauffement du Pacifique Est tropical (le long de la
langue d’eau froide équatoriale) et un déplacement vers l’est de la zone de précipitation maximale, habituellement située au-dessus de l’Indonésie. La phase
froide, ou La Niña, se caractérise par des anomalies négatives de température
de surface de la mer et peut être interprétée comme un renforcement du cycle
saisonnier climatologique. Ce mode de variabilité est une oscillation couplée
océan-atmosphère qui affecte la circulation atmosphérique dans toute la ceinture tropicale et la circulation océanique dans tout le bassin indo-pacifique.
Sa période est comprise entre trois et sept ans, et les caractéristiques des événements ENSO observés au xx
e siècle peuvent varier considérablement d’un
événement à l’autre. Tous les modèles climatiques actuels simulent un mode
de variabilité tropicale dont les caractéristiques générales ressemblent à celles
de l’ENSO, ce qui n’était pas le cas avec les modèles d’il y a quelques années.
Néanmoins, la structure spatiale de ces évènements n’est généralement pas
bien simulée, comme par exemple l’asymétrie entre les épisodes El Niño et
La Niña. En termes de période d’occurrence de ces événements, les modèles
simulent une période en général trop courte et trop régulière. De façon générale, la forte diversité des caractéristiques spatiales et temporelles observées
d’ENSO est souvent mal simulée. Des travaux cherchent à identifier le rôle
des différents processus atmosphériques ou océaniques sur les caractéristiques
d’ENSO, et sur les causes des défauts des modèles.
L’oscillation Madden et Julian - MJO - (Madden et Julian, 1994 [21]) est
le principal mode de variabilité intra-saisonnière de la région tropicale, avec
une périodicité comprise entre 30 et 90 jours. Contrairement à l’ENSO, dont
la structure spatiale est stationnaire, cette oscillation se caractérise par une
onde qui se propage d’ouest en est, l’intensité de la convection étant alternativement renforcée et diminuée. Un signal de type MJO est bien présent dans les
résultats de simulations de la plupart des modèles, mais plusieurs caractéristiques essentielles de ce mode de variabilité (amplitude, phase, propagation)
ne sont pas réalistes. Le rôle des différents processus et de leurs couplages sur
les caractéristiques de ce mode de variabilité couplé atmosphère-océan est loin
d’être bien identifié et plusieurs hypothèses coexistent aujourd’hui.
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