“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 382 — #405
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Paléoclimatologie
particulièrement rapides en Patagonie et en Alaska depuis le milieu des années
1990, dues non seulement à l’accroissement des températures, mais aussi très
probablement à une augmentation de la fusion basale : la température au
niveau du socle s’élève et de la glace fond également à la base du glacier (i.e.
en contact avec le socle rocheux).
Dans les Alpes, les glaciers diminuent depuis le milieu du xix
e siècle. En
Suisse, ils ne représentent actuellement que 60 % de la surface qu’ils occupaient
en 1850. En réponse aux températures caniculaires, une perte de masse exceptionnelle s’est produite en 2003, correspondant à 2 500 kg/m
2 /an pour neuf
glaciers étudiés. Cette valeur a dépassé le précédent record enregistré en 1996
(1 600 kg/m
2 /an), et est quatre fois plus important que la moyenne mesurée
entre 1980 et 2001 (600 kg/m
2 /an).
En Afrique, les surfaces glaciaires au sommet du Kilimandjaro ne correspondent plus qu’à 20 % de celles présentes au début du xx
e siècle. En
Patagonie, les « champs de glace » ont perdu entre 3 et 13 km
3 de glace par
an depuis les années 1970. Le recul des glaciers du Népal et de l’Himalaya
semble s’accélérer depuis une vingtaine d’années, et au Tibet, le nombre de
glaciers en récession s’est récemment multiplié.
Le quatrième rapport du GIEC évaluait qu’au début du xxi
e siècle, la
contribution des glaciers et des petites calottes polaires à la hausse du niveau
marin serait d’environ 0,8 mm/an (IPCC, 2007 [15]). Depuis, de nouvelles
estimations réalisées à partir de nouvelles données indiquent une contribution
de ces glaciers à la remontée du niveau des mers légèrement supérieure à
celle du quatrième rapport du GIEC (Chen et al., 2006 [9] ; Berthier et al.,
2007 [3]). Par ailleurs, elles couvrent une période plus longue, allant de 1850
à 2006. Ces nouvelles estimations montrent que la perte de masse des glaciers
et des petites calottes glaciaires a considérablement augmenté depuis le début
des années 1990, et contribue actuellement à 1,2 mm/an à la hausse du niveau
marin global.
10.1.6.5 Les calottes polaires
Les calottes polaires sont d’énormes masses de glace dont la formation,
comme celle des glaciers, provient d’une accumulation continuelle de la neige
due à une fonte insuffisante, et qui se transforme progressivement en glace sous
l’effet de la compaction. Le siège de cette transformation se situe dans une
zone de transition d’une centaine de mètres environ que l’on nomme névé tout
comme pour les glaciers. Les calottes polaires actuelles sont situées au niveau
des hautes latitudes, l’une près du pôle Nord, le Groenland, l’autre centrée
sur le pôle Sud, l’Antarctique. La surface du Groenland est d’environ 1,8 ×
10
6 km
2 . Au centre, l’épaisseur de glace dépasse 3 000 m. Le volume de glace du
Groenland (∼2,7 × 10
6 km
3 ) représente environ 10 % des réserves d’eau douce
de la planète. L’Antarctique est composée de deux calottes quasi distinctes,
à l’est et à l’ouest, séparées par la chaîne des montagnes Transantarctiques.
Son volume avoisine 30 × 10
6 km
3 et sa surface, recouverte à près de 98 %
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