“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 381 — #404
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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solides de l’accélération des émissions de carbone en association avec le réchauffement climatique, en provenance d’une tourbière située dans le nord de
la Suède. Nous ne savons toujours pas avec certitude si la hausse de la concentration en méthane atmosphérique observée depuis quelques années, après une
dizaine d’années de relative stabilité, est liée ou non au réchauffement en surface des hautes latitudes boréales. Une autre réaction d’amplification observée
aux hautes latitudes nord implique la transformation microbienne en oxyde
nitreux de l’azote piégé dans les sols, qui pourrait s’amplifier avec la hausse
des températures et amplifier ainsi le réchauffement climatique.
10.1.6.4 Les glaciers
Un glacier est une masse de glace qui se forme par l’accumulation successive des couches de neige année après année. Au fil des ans, sous la pression
de sa propre masse, la neige se durcit et devient granuleuse (névé), puis se
transforme en glace et expulse l’air qu’elle contient. Sous l’action de la gravité, la glace s’écoule suivant la ligne de pente, venant ainsi alimenter les
parties inférieures du glacier. Un glacier est perpétuellement en mouvement
et transporte de la masse depuis les altitudes élevées vers les altitudes plus
basses. Pendant l’hiver, le glacier grossit grâce à la neige qui s’accumule à sa
surface. Au cours de l’été suivant, le glacier perd tout ou partie de la masse
qu’il a gagnée pendant l’hiver. La différence entre l’accumulation et l’ablation
détermine le bilan de masse du glacier et correspond à sa variation de volume.
Un bilan global positif entraîne un grossissement du glacier. Inversement, un
bilan négatif provoque une perte de volume qui peut s’accompagner d’une
remontée du front glaciaire.
Le recul des glaciers dans les régions montagneuses constitue l’un des
exemples les plus visibles du changement climatique. Une compilation des
observations effectuée par le World Glacier Monitoring Service montre que
le recul est un phénomène quasiment global, avec quelques contre-exemples
isolés (mais que l’on explique aussi dans le cadre du réchauffement global par
une augmentation des précipitations neigeuses), comme les glaciers de l’ouest
de la Norvège. En compilant les données de 169 glaciers obtenues depuis 1700,
Oerlemans (2005) [23] montre que le recul des fronts glaciaires a débuté au
xix
e siècle, et s’est fortement accéléré à partir de 1850, pour perdurer tout au
long du xx
e siècle.
Des analyses régionales ont montré qu’en Europe, la valeur moyenne du
bilan de masse cumulé sur l’ensemble des glaciers était proche de zéro, avec
de fortes pertes de masse pour les glaciers des Alpes compensées jusque vers
l’année 2000, par une avance des glaciers situés à l’ouest de la Norvège, liée à
une forte augmentation des précipitations en réponse à une phase positive de
l’oscillation nord-atlantique. À partir de l’année 2000 les glaciers norvégiens
ont commencé à reculer en réponse à une diminution des précipitations. Les
bilans de masse les plus négatifs se produisent pour les glaciers de la Patagonie,
le nord-ouest des États-Unis et le sud-ouest du Canada, avec des récessions
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