“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 358 — #381
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Paléoclimatologie
événements sont possibles, ils sont exponentiellement rares. En revanche, la
rareté des grandes précipitations, pour la plupart des endroits de la planète,
décroît beaucoup plus lentement que pour une gaussienne. La théorie des valeurs extrêmes permet de décrire les statistiques de ces phénomènes (Coles,
2001 [12]). Armé d’une telle théorie statistique, il est possible de modéliser
des comportements différents des précipitations moyennes et des précipitations extrêmes, qui ne répondent pas nécessairement de la même manière
au changement climatique. Cette caractérisation statistique de la variabilité
climatique permet de prévoir une évolution des probabilités d’événements intenses, ainsi que l’incertitude liée à cette prévision.
9.6 Questions ouvertes à l’aube du xxi
e siècle
9.6.1 Météo ou climat
Les variations du climat de l’Holocène, jusqu’à la période actuelle, ont
été ponctuées d’événements météorologiques de très courte durée qui ont pu
avoir des conséquences diverses mais souvent désastreuses sur les sociétés. On
note, depuis la fin du xx
e siècle, une apparente recrudescence d’événements
extrêmes sur la planète (tempêtes de 1999, moussons record, vagues de chaleur
meurtrières. . . ). En faisant l’hypothèse que cette recrudescence n’est pas liée
à une meilleure transmission de l’information planétaire, la question à laquelle
on doit répondre en premier lieu est de savoir si cet état a déjà été « observé »
dans le passé récent (comme le dernier millénaire). Pour répondre à cette
question, il est nécessaire de collecter et de mettre en perspective le maximum
d’informations sur les événements extrêmes (de tous types). Cette collecte est
l’objet de nombreux programmes nationaux et internationaux de recherches
historiques et de reconstructions climatiques axées sur les extrêmes.
Une approche à mener en parallèle est la simulation numérique des climats
à une résolution suffisante pour bien représenter les extrêmes (sur la période
actuelle). Les modèles les plus sophistiqués permettent de simuler le « temps
qu’il a fait » au cours des derniers siècles et donc d’examiner comment les
statistiques météorologiques (régimes, extrêmes. . . ) répondent aux forçages
sur le long terme. La confrontation entre modèles et observations, dans le
champ des extrêmes, devient un enjeu crucial, faisant intervenir des théories
statistiques assez complexes. Cet arsenal mathématique permet d’effectuer la
régionalisation du climat, dont l’objet est de prévoir des variables climatiques
à très petite échelle (par exemple, la précipitation à l’échelle d’une ville ou
d’un champ) à partir de la connaissance de variables à grande échelle (comme
la circulation atmosphérique à l’échelle du bassin de l’Atlantique Nord).
9.6.2 Détection et attribution du changement climatique
Comprendre le rôle de l’activité humaine dans le changement climatique
a été un enjeu majeur des dernières années. La mise en évidence de ce rôle ne
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