“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 352 — #375
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Paléoclimatologie
Grâce à la signature de la NAO sur les températures et les précipitations,
il a été possible d’utiliser des données paléoclimatiques (cernes d’arbres ou
forages glaciaires) pour étendre l’indice NAO « instrumental » au dernier millénaire. Cette astuce permet de déterminer un indice basé sur la pression atmosphérique, sans avoir accès à cette pression. Elle est basée sur des relations
à grande échelle entre variables climatiques et différences de pression, que l’on
peut vérifier sur la période contemporaine. Bien sûr, de telles reconstructions
ne sont pas sans ambiguïté et elles peuvent diverger avant le xix
e siècle, selon
les indices utilisés, car la relation entre le gradient de pression (l’indice NAO)
et une variable comme la température ou la précipitation peut changer au
cours du temps.
Quand on regarde les cartes météorologiques quotidiennes, on remarque
qu’il y a des jours en hiver où un anticyclone est installé sur la Scandinavie,
et que ses hautes pressions empêchent les vents d’ouest de pénétrer sur la
France. Ce genre de situation météorologique, qu’on appelle souvent « blocage
scandinave », peut durer plusieurs semaines avec un temps généralement sec.
Une autre situation météorologique peut se produire avec, cette fois, une zone
de pressions anormalement hautes au milieu de l’Atlantique : c’est la « dorsale
nord Atlantique ». L’air qui traverse l’Atlantique est alors dévié vers le nord
de cette zone, passe par le Groenland, avant de revenir sur l’Europe et de
provoquer une vague de froid. On peut ainsi dénombrer plusieurs types de
temps, qui ont des durées de vie plus ou moins longues. Les types de temps
les plus probables sont les deux phases de la NAO, le blocage scandinave et la
dorsale Nord Atlantique. La Figure 9.10 montre les quatre régimes de temps
qui dominent la circulation atmosphérique en hiver autour de l’Atlantique
Nord. Ces quatre situations sont obtenues par des calculs statistiques sur des
données de pression des cinquante dernières années. Les lignes de niveaux
indiquent la direction générale du vent.
Comme une partie de la chaleur est transportée par l’écoulement atmosphérique, on voit que chacun de ces régimes de temps a une influence différente sur la température en Europe. Dans le cas de l’hiver en France, les
épisodes froids sont plutôt liés à des régimes comme la dorsale Nord Atlantique ou la phase négative de la NAO. Et les épisodes doux sont plutôt liés à
des régimes de phase positive de la NAO ou le blocage. Un changement de la
répartition de ces régimes peut donc affecter les transports de chaleur, et donc
avoir un impact sur la température de surface. Cet effet de changement de
circulation atmosphérique peut avoir un rôle comparable à celui des forçages
extérieurs (gaz à effet de serre, volcanisme et activité solaire) sur la variabilité
des températures. Au cours de l’été caniculaire de 2003, il a été montré que
cet épisode de températures chaudes a été en partie dû à la présence persistante d’un anticyclone sur l’Europe, et que cette persistance était liée à une
anomalie de précipitation sur le Sahel, qui a asséché la colonne atmosphérique
Il est donc nécessaire de prendre en compte des changements de la répartition
des régimes de la circulation atmosphérique pour interpréter le changement
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Paléoclimatologie
Grâce à la signature de la NAO sur les températures et les précipitations,
il a été possible d’utiliser des données paléoclimatiques (cernes d’arbres ou
forages glaciaires) pour étendre l’indice NAO « instrumental » au dernier millénaire. Cette astuce permet de déterminer un indice basé sur la pression atmosphérique, sans avoir accès à cette pression. Elle est basée sur des relations
à grande échelle entre variables climatiques et différences de pression, que l’on
peut vérifier sur la période contemporaine. Bien sûr, de telles reconstructions
ne sont pas sans ambiguïté et elles peuvent diverger avant le xix
e siècle, selon
les indices utilisés, car la relation entre le gradient de pression (l’indice NAO)
et une variable comme la température ou la précipitation peut changer au
cours du temps.
Quand on regarde les cartes météorologiques quotidiennes, on remarque
qu’il y a des jours en hiver où un anticyclone est installé sur la Scandinavie,
et que ses hautes pressions empêchent les vents d’ouest de pénétrer sur la
France. Ce genre de situation météorologique, qu’on appelle souvent « blocage
scandinave », peut durer plusieurs semaines avec un temps généralement sec.
Une autre situation météorologique peut se produire avec, cette fois, une zone
de pressions anormalement hautes au milieu de l’Atlantique : c’est la « dorsale
nord Atlantique ». L’air qui traverse l’Atlantique est alors dévié vers le nord
de cette zone, passe par le Groenland, avant de revenir sur l’Europe et de
provoquer une vague de froid. On peut ainsi dénombrer plusieurs types de
temps, qui ont des durées de vie plus ou moins longues. Les types de temps
les plus probables sont les deux phases de la NAO, le blocage scandinave et la
dorsale Nord Atlantique. La Figure 9.10 montre les quatre régimes de temps
qui dominent la circulation atmosphérique en hiver autour de l’Atlantique
Nord. Ces quatre situations sont obtenues par des calculs statistiques sur des
données de pression des cinquante dernières années. Les lignes de niveaux
indiquent la direction générale du vent.
Comme une partie de la chaleur est transportée par l’écoulement atmosphérique, on voit que chacun de ces régimes de temps a une influence différente sur la température en Europe. Dans le cas de l’hiver en France, les
épisodes froids sont plutôt liés à des régimes comme la dorsale Nord Atlantique ou la phase négative de la NAO. Et les épisodes doux sont plutôt liés à
des régimes de phase positive de la NAO ou le blocage. Un changement de la
répartition de ces régimes peut donc affecter les transports de chaleur, et donc
avoir un impact sur la température de surface. Cet effet de changement de
circulation atmosphérique peut avoir un rôle comparable à celui des forçages
extérieurs (gaz à effet de serre, volcanisme et activité solaire) sur la variabilité
des températures. Au cours de l’été caniculaire de 2003, il a été montré que
cet épisode de températures chaudes a été en partie dû à la présence persistante d’un anticyclone sur l’Europe, et que cette persistance était liée à une
anomalie de précipitation sur le Sahel, qui a asséché la colonne atmosphérique
Il est donc nécessaire de prendre en compte des changements de la répartition
des régimes de la circulation atmosphérique pour interpréter le changement
