“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 351 — #374
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9. Holocène et perturbation anthropique : introduction
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d’anomalies de température autour du bassin Nord Atlantique. Une anomalie de température, dans le jargon des météorologues, est la différence entre
la température observée et la température moyenne. Sir Gilbert Walker, le
météorologue britannique, a remarqué une opposition des anomalies de température entre d’une part le Labrador et l’Afrique du Nord, et d’autre part
l’est des États-Unis et l’Europe de l’Ouest. Ainsi, quand il fait plus chaud
que d’habitude dans l’est américain (l’anomalie de température est positive),
il fait en général plus froid dans le sud de la France (l’anomalie est négative).
Cette structure de température est liée à des fluctuations de la circulation
atmosphérique à l’échelle des extra-tropiques de l’hémisphère nord. A priori,
cette circulation souffle de l’ouest vers l’est entre 30
◦ N et 70
◦ N, et est déviée
vers le nord par la force de Coriolis (due à la rotation de la Terre). L’Atlantique
Nord a la particularité de posséder une zone de basse pression (dépression)
autour de l’Islande et une zone de haute pression (anticyclone) autour des
Açores. C’est la modulation des influences respectives de ces deux phénomènes
qui est à l’origine de la NAO.
À l’échelle du bassin Nord Atlantique, l’écoulement atmosphérique (de
densité ρ) est régi par un équilibre entre les forces de pression (P ) et la force
de Coriolis (f perpendiculaire au mouvement). C’est l’équilibre géostrophique
qui est valable à grande échelle spatiale et sur quelques semaines :
V =
1
ρf
k × gradP.
Dans cette équation, la vitesse de l’écoulement moyen V est liée au gradient
de pression entre basses et hautes latitudes et k est un vecteur unitaire sur la
verticale. Un fort gradient non seulement dévie l’écoulement, mais l’accélère
également. On peut approximer le terme de gradient de pression par une
différence de pression entre deux endroits bien choisis, par exemple les Açores
et l’Islande. Cette différence de pression est appelée indice de l’oscillation Nord
Atlantique (ou indice NAO). L’intérêt de ces endroits est aussi de disposer de
données de pression depuis 1825.
Donc, quand le gradient de pression entre Açores et Islande est prononcé
(indice NAO élevé), la circulation sera plus active et va se déverser vers le
nord de l’Europe. De cette manière, elle va transporter de l’humidité vers
la Scandinavie, et pendant ce temps, le sud de l’Europe sera doux et sec. En
revanche, si ce gradient est faible, l’écoulement atmosphérique va vers l’Europe
du Sud, qui connaît des conditions climatiques humides et froides.
Au cours des années 1990, l’indice NAO a été très positif de manière
persistante, ce qui s’est traduit par une élévation des températures en Europe
(alors qu’on battait des records de froid au Canada). Certains ont vu dans
cette persistance un lien avec le réchauffement climatique global. Cependant,
une telle situation où l’indice NAO était très fort, a déjà été rencontrée au
début du xx
e siècle et n’est sans doute pas exceptionnelle. De plus, l’indice a
retrouvé des valeurs négatives en cette entrée dans le xxi
e siècle, alors que la
France n’a jamais eu aussi chaud.
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9. Holocène et perturbation anthropique : introduction
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d’anomalies de température autour du bassin Nord Atlantique. Une anomalie de température, dans le jargon des météorologues, est la différence entre
la température observée et la température moyenne. Sir Gilbert Walker, le
météorologue britannique, a remarqué une opposition des anomalies de température entre d’une part le Labrador et l’Afrique du Nord, et d’autre part
l’est des États-Unis et l’Europe de l’Ouest. Ainsi, quand il fait plus chaud
que d’habitude dans l’est américain (l’anomalie de température est positive),
il fait en général plus froid dans le sud de la France (l’anomalie est négative).
Cette structure de température est liée à des fluctuations de la circulation
atmosphérique à l’échelle des extra-tropiques de l’hémisphère nord. A priori,
cette circulation souffle de l’ouest vers l’est entre 30
◦ N et 70
◦ N, et est déviée
vers le nord par la force de Coriolis (due à la rotation de la Terre). L’Atlantique
Nord a la particularité de posséder une zone de basse pression (dépression)
autour de l’Islande et une zone de haute pression (anticyclone) autour des
Açores. C’est la modulation des influences respectives de ces deux phénomènes
qui est à l’origine de la NAO.
À l’échelle du bassin Nord Atlantique, l’écoulement atmosphérique (de
densité ρ) est régi par un équilibre entre les forces de pression (P ) et la force
de Coriolis (f perpendiculaire au mouvement). C’est l’équilibre géostrophique
qui est valable à grande échelle spatiale et sur quelques semaines :
V =
1
ρf
k × gradP.
Dans cette équation, la vitesse de l’écoulement moyen V est liée au gradient
de pression entre basses et hautes latitudes et k est un vecteur unitaire sur la
verticale. Un fort gradient non seulement dévie l’écoulement, mais l’accélère
également. On peut approximer le terme de gradient de pression par une
différence de pression entre deux endroits bien choisis, par exemple les Açores
et l’Islande. Cette différence de pression est appelée indice de l’oscillation Nord
Atlantique (ou indice NAO). L’intérêt de ces endroits est aussi de disposer de
données de pression depuis 1825.
Donc, quand le gradient de pression entre Açores et Islande est prononcé
(indice NAO élevé), la circulation sera plus active et va se déverser vers le
nord de l’Europe. De cette manière, elle va transporter de l’humidité vers
la Scandinavie, et pendant ce temps, le sud de l’Europe sera doux et sec. En
revanche, si ce gradient est faible, l’écoulement atmosphérique va vers l’Europe
du Sud, qui connaît des conditions climatiques humides et froides.
Au cours des années 1990, l’indice NAO a été très positif de manière
persistante, ce qui s’est traduit par une élévation des températures en Europe
(alors qu’on battait des records de froid au Canada). Certains ont vu dans
cette persistance un lien avec le réchauffement climatique global. Cependant,
une telle situation où l’indice NAO était très fort, a déjà été rencontrée au
début du xx
e siècle et n’est sans doute pas exceptionnelle. De plus, l’indice a
retrouvé des valeurs négatives en cette entrée dans le xxi
e siècle, alors que la
France n’a jamais eu aussi chaud.
