“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 336 — #359
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Paléoclimatologie
xv
e siècle. En se servant d’indicateurs datés, comme les moraines déplacées
par ces avancées de glaciers, il est possible d’avoir une idée de l’évolution de
leur volume au cours des siècles. Pour avoir une idée plus précise, les climatologues se servent aussi de représentations graphiques dues aux peintres, puis
aux photographes. On peut donc vérifier qu’après des étendues maximales au
début du xix
e siècle, la majorité des glaciers alpins sont remontés de plusieurs
kilomètres en un siècle et demi, avec une accélération de ce retrait à la fin du
xx
e siècle.
9.3.1.3 Les indicateurs directs
Les historiens distinguent plusieurs phases historiques pour le type d’observations directes du climat et de la météorologie depuis l’an mil. Ces phases
qualifient le type, l’abondance et la qualité des informations.
Avant 1300, il s’agit de récits isolés sur des anomalies extrêmes et sur les
catastrophes naturelles (Brazdil et al., 2005 [7] ; Le Roy Ladurie, 1967 [28]).
Ces récits décrivent en particulier les ravages provoqués par ces catastrophes
naturelles : destructions de récoltes, de bâtiments, inondations, mortalité accrue. . . Leur étude détaillée, en croisant les sources et en les vérifiant, permet
de retracer la chronologie des événements extrêmes marquants.
De 1300 à 1500, on trouve des descriptions plus ou moins continues sur
le caractère des étés et des hivers (dans une certaine mesure aussi, sur celui
des printemps et des automnes) contenant des indications sur les conditions
de tous les jours.
De 1500 à 1800, on commence à avoir des descriptions plus ou moins
régulières des conditions mensuelles ou journalières. Ces descriptions peuvent
être corroborées par des registres de processions ou rogations organisées par les
paroisses locales, afin de mettre un terme à des sécheresses ou des événements
qui peuvent mettre en péril les récoltes (Le Roy Ladurie, 1967 [28]).
Entre 1680 à 1860, ce sont les toutes premières mesures instrumentales
faites par des individus. Le baromètre est inventé par Torricelli et le thermomètre par Galilée. On assiste aux premières tentatives pour établir des réseaux
météorologiques internationaux. En France, le premier réseau de relevés systématiques date du règne de Louis XVI. En 1776, Félix Vicq d’Azyr, secrétaire
de l’Académie de médecine, a demandé aux médecins du royaume de noter
trois fois par jour la température de l’air, ainsi qu’une synthèse des maladies
traitées dans le mois. Cette initiative partait de l’idée que les variations du climat pouvaient avoir une conséquence sur la santé de la population. Ce travail
a duré quelques décennies, et beaucoup de médecins en France se sont pliés
à l’exercice, notant scrupuleusement températures et maladies. Malheureusement, cette directive a été interrompue, et il n’est pas possible d’avoir des
données continues. De plus, les médecins de l’époque n’avaient évidemment
pas de connaissance en météorologie ou en instrumentation, et leurs relevés
ne sont pas tous fiables.
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Paléoclimatologie
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e siècle. En se servant d’indicateurs datés, comme les moraines déplacées
par ces avancées de glaciers, il est possible d’avoir une idée de l’évolution de
leur volume au cours des siècles. Pour avoir une idée plus précise, les climatologues se servent aussi de représentations graphiques dues aux peintres, puis
aux photographes. On peut donc vérifier qu’après des étendues maximales au
début du xix
e siècle, la majorité des glaciers alpins sont remontés de plusieurs
kilomètres en un siècle et demi, avec une accélération de ce retrait à la fin du
xx
e siècle.
9.3.1.3 Les indicateurs directs
Les historiens distinguent plusieurs phases historiques pour le type d’observations directes du climat et de la météorologie depuis l’an mil. Ces phases
qualifient le type, l’abondance et la qualité des informations.
Avant 1300, il s’agit de récits isolés sur des anomalies extrêmes et sur les
catastrophes naturelles (Brazdil et al., 2005 [7] ; Le Roy Ladurie, 1967 [28]).
Ces récits décrivent en particulier les ravages provoqués par ces catastrophes
naturelles : destructions de récoltes, de bâtiments, inondations, mortalité accrue. . . Leur étude détaillée, en croisant les sources et en les vérifiant, permet
de retracer la chronologie des événements extrêmes marquants.
De 1300 à 1500, on trouve des descriptions plus ou moins continues sur
le caractère des étés et des hivers (dans une certaine mesure aussi, sur celui
des printemps et des automnes) contenant des indications sur les conditions
de tous les jours.
De 1500 à 1800, on commence à avoir des descriptions plus ou moins
régulières des conditions mensuelles ou journalières. Ces descriptions peuvent
être corroborées par des registres de processions ou rogations organisées par les
paroisses locales, afin de mettre un terme à des sécheresses ou des événements
qui peuvent mettre en péril les récoltes (Le Roy Ladurie, 1967 [28]).
Entre 1680 à 1860, ce sont les toutes premières mesures instrumentales
faites par des individus. Le baromètre est inventé par Torricelli et le thermomètre par Galilée. On assiste aux premières tentatives pour établir des réseaux
météorologiques internationaux. En France, le premier réseau de relevés systématiques date du règne de Louis XVI. En 1776, Félix Vicq d’Azyr, secrétaire
de l’Académie de médecine, a demandé aux médecins du royaume de noter
trois fois par jour la température de l’air, ainsi qu’une synthèse des maladies
traitées dans le mois. Cette initiative partait de l’idée que les variations du climat pouvaient avoir une conséquence sur la santé de la population. Ce travail
a duré quelques décennies, et beaucoup de médecins en France se sont pliés
à l’exercice, notant scrupuleusement températures et maladies. Malheureusement, cette directive a été interrompue, et il n’est pas possible d’avoir des
données continues. De plus, les médecins de l’époque n’avaient évidemment
pas de connaissance en météorologie ou en instrumentation, et leurs relevés
ne sont pas tous fiables.
