“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 335 — #358
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9. Holocène et perturbation anthropique : introduction
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lequel on se place) repose sur l’étude d’archives anciennes décrivant des chroniques, des mesures empiriques, ou bien les dates d’événements particuliers
(Brazdil et al., 2005 [7]). La part la plus importante de cette étude n’est pas
nécessairement la production de bases de données exploitables par les climatologues, mais la vérification des sources et la démonstration de leur pertinence
climatique.
9.3.1.2 Les indicateurs indirects
Le climat a aussi une influence sur l’évolution de la maturation de certains
fruits. C’est le cas particulier de la vigne (vitis vinifera). En France, les dates
de vendange sont consignées dans des registres paroissiaux ou municipaux
depuis plusieurs siècles. Ceci fait de ces enregistrements de précieux témoins
des variations de température, comme c’est expliqué dans le chapitre 16 du
tome 1.
Dans le même ordre d’idées, il existe des séries de dates de moissons en
France, qui remontent au Moyen Âge, de floraisons d’arbres fruitiers (par
exemple la série de Kyoto au Japon, qui remonte à 800 AD). Ces indicateurs
phénologiques historiques répondent notamment aux variations climatiques
et ont le potentiel pour donner des informations sur les conditions de température au cours des mois précédant les récoltes. Par exemple, en faisant
l’hypothèse raisonnable que les blés sont moissonnés au moment où le grain
est arrivé à maturité (ou très peu de temps après), la connaissance du cycle
végétatif du blé et de la date de moisson (qui a généralement lieu au début de
l’été) donne une idée des températures printanières d’une région. La difficulté
principale pour le climatologue est alors d’identifier l’espèce du blé cultivé à
cette époque afin de faire l’estimation précise du cycle phénologique.
Les archives des sociétés contiennent essentiellement des chroniques liées
aux événements climatiques ou météorologiques extrêmes (sécheresses, canicules, tempêtes, précipitations intenses. . . ), qui ont des effets destructeurs sur
l’agriculture ou les constructions. Ces archives contiennent en particulier des
registres de rogations, ces processions religieuses effectuées pour demander
l’aide divine (ou de saints) quand une sécheresse ou une pluie persistante menace les récoltes. Les saints invoqués sont généralement remerciés quand l’effet
demandé arrive. Grâce à ces registres, il est possible d’avoir des indications
sur la longueur de ces épisodes climatiques (Brazdil et al. 2005 [7] ; Garnier,
2009 [17])
On retrouve dans les journaux de raison d’exploitants agricoles ou de journaux bourgeois d’érudits locaux, des chroniques décrivant de manière plus ou
moins précise certains événements climatiques qui ont eu une influence sur
la société : jours de gel, embâcles de rivières, tempêtes. . . Ces informations
climatiques sont obtenues à travers les dégâts causés à la société et les coûts
engendrés.
Une des raisons de la dénomination « Petit Âge de glace » est liée à une
avancée des glaciers alpins dans les vallées qui les hébergent à partir du
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