“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 333 — #356
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9. Holocène et perturbation anthropique : introduction
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sans doute en Europe du Nord, avec des lacs systématiquement gelés en hiver.
On trouve aussi des traces de refroidissement en Amérique équatoriale et
en Nouvelle Zélande (Bradley, 1999 [6]). Cette période relativement froide
(en moyenne, 1
◦ C en France) est responsable de destructions de récoltes
et de flambées des prix du blé, et souvent d’insurrections, ainsi que d’un
accroissement du nombre de sorcières brûlées vives sur les places publiques
(Le Roy Ladurie, 1967 [28]). Après 1850, les glaciers se mettent à reculer et
la température à croître régulièrement, ce qui marque la fin du Petit Âge de
glace.
Le Petit Âge de glace est marqué par quelques décennies particulièrement
froides en Europe, entre 1650 et 1720. On observe à cette même époque, une
chute du nombre de taches solaires. Ces décennies sont nommées Minimum de
Maunder, d’après l’astronome américain Edward W. Maunder (1851–1928),
qui a étudié la relation entre les taches solaires et l’activité de cet astre. Il
faut remarquer que c’est l’astronome allemand Friederich W. G. Spörer (1822–
1895) qui a le premier fait la constatation de la baisse du nombre de taches
solaires entre 1650 et 1720. L’histoire lui a laissé le Minimum de Spörer entre
1420 et 1570. La variation de température associée à l’influence directe de
l’activité solaire sur le bilan radiatif à la surface de la Terre (0,5 W/m
2 ) est
inférieure à 0,08
◦ C sur la température de surface de l’hémisphère nord (Jansen
et al., 2007 [19]) et ne peut pas expliquer à elle seule un refroidissement
compris entre 0,2 et 0,5
◦ C de l’hémisphère nord.
Le Petit Âge de glace est aussi marqué par des éruptions volcaniques intenses qui ont affecté les températures de manière visible, mais peu durable
(Fig. 9.4). Les éruptions qui ont eu un effet global ont généralement eu lieu
dans les tropiques (Tambora, Krakataua, Agung, Pinatubo. . . ), et ont injecté
suffisamment de poussières dans la stratosphère pour qu’elles soient homogénéisées à l’échelle de la planète (Robock, 2000 [34]). Des volcans extratropicaux (Laki en Islande, St Helens aux États-Unis. . . ) ont eu des effets
marquants sur certaines régions de l’hémisphère nord à cause du transport
de poussières dans la troposphère. Cependant, leur impact à l’échelle de la
planète doit être relativisé, car les poussières volcaniques n’atteignent pas la
stratosphère.
9.2.4 L’Anthropocène
L’Anthropocène est un terme récent qui désigne la période où le climat
et l’environnement sont influencés par l’activité humaine. Il est habituel de
faire commencer cette époque au début de l’ère industrielle (au milieu du xix
e
siècle), ce qui coïncide aussi avec les premiers réseaux météorologiques opérationnels. Il est cependant possible d’arguer que l’Homme a commencé à agir
sur le climat dès le milieu de l’Holocène. Le défrichage, les débuts de l’agriculture et l’écobuage auraient émis suffisamment de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère pour être détectés dans les archives glaciaires et sédimentaires
(Ruddiman, 2007 [35]).
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9. Holocène et perturbation anthropique : introduction
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sans doute en Europe du Nord, avec des lacs systématiquement gelés en hiver.
On trouve aussi des traces de refroidissement en Amérique équatoriale et
en Nouvelle Zélande (Bradley, 1999 [6]). Cette période relativement froide
(en moyenne, 1
◦ C en France) est responsable de destructions de récoltes
et de flambées des prix du blé, et souvent d’insurrections, ainsi que d’un
accroissement du nombre de sorcières brûlées vives sur les places publiques
(Le Roy Ladurie, 1967 [28]). Après 1850, les glaciers se mettent à reculer et
la température à croître régulièrement, ce qui marque la fin du Petit Âge de
glace.
Le Petit Âge de glace est marqué par quelques décennies particulièrement
froides en Europe, entre 1650 et 1720. On observe à cette même époque, une
chute du nombre de taches solaires. Ces décennies sont nommées Minimum de
Maunder, d’après l’astronome américain Edward W. Maunder (1851–1928),
qui a étudié la relation entre les taches solaires et l’activité de cet astre. Il
faut remarquer que c’est l’astronome allemand Friederich W. G. Spörer (1822–
1895) qui a le premier fait la constatation de la baisse du nombre de taches
solaires entre 1650 et 1720. L’histoire lui a laissé le Minimum de Spörer entre
1420 et 1570. La variation de température associée à l’influence directe de
l’activité solaire sur le bilan radiatif à la surface de la Terre (0,5 W/m
2 ) est
inférieure à 0,08
◦ C sur la température de surface de l’hémisphère nord (Jansen
et al., 2007 [19]) et ne peut pas expliquer à elle seule un refroidissement
compris entre 0,2 et 0,5
◦ C de l’hémisphère nord.
Le Petit Âge de glace est aussi marqué par des éruptions volcaniques intenses qui ont affecté les températures de manière visible, mais peu durable
(Fig. 9.4). Les éruptions qui ont eu un effet global ont généralement eu lieu
dans les tropiques (Tambora, Krakataua, Agung, Pinatubo. . . ), et ont injecté
suffisamment de poussières dans la stratosphère pour qu’elles soient homogénéisées à l’échelle de la planète (Robock, 2000 [34]). Des volcans extratropicaux (Laki en Islande, St Helens aux États-Unis. . . ) ont eu des effets
marquants sur certaines régions de l’hémisphère nord à cause du transport
de poussières dans la troposphère. Cependant, leur impact à l’échelle de la
planète doit être relativisé, car les poussières volcaniques n’atteignent pas la
stratosphère.
9.2.4 L’Anthropocène
L’Anthropocène est un terme récent qui désigne la période où le climat
et l’environnement sont influencés par l’activité humaine. Il est habituel de
faire commencer cette époque au début de l’ère industrielle (au milieu du xix
e
siècle), ce qui coïncide aussi avec les premiers réseaux météorologiques opérationnels. Il est cependant possible d’arguer que l’Homme a commencé à agir
sur le climat dès le milieu de l’Holocène. Le défrichage, les débuts de l’agriculture et l’écobuage auraient émis suffisamment de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère pour être détectés dans les archives glaciaires et sédimentaires
(Ruddiman, 2007 [35]).
