“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 315 — #338
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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l’océan. Toutefois, les premières datations au
14 C ne permettent pas de statuer sur la chronologie précise de ces événements. De nouvelles datations plus
précises, ainsi qu’une évaluation du volume ainsi relâché permettent d’incriminer la vidange catastrophique du lac Agassiz comme cause de cet événement
froid (Clarke et al., 2004 [3]). Ces données donnent une vidange d’environ
100 000 km
3 d’eau en environ une année, apportant ainsi un flux considérable
à l’océan.
8.2.4 La modélisation et les conséquences
hémisphériques/globales
Toutefois, les conséquences climatiques de cette vidange extrêmement brutale mais également limitée dans le temps peut-elle être reproduite dans des
modèles climatiques couplés ? Si le rôle que peut avoir une telle vidange sur
l’océan a été montré assez rapidement, la première simulation de l’événement
à 8 200 ans utilisant des conditions aux limites cohérentes avec cette période
de temps est assez récente (Renssen et al., 2001 [23]). Ces auteurs ont pu
montrer qu’en forçant un modèle de circulation générale océanique, couplé à
une atmosphère simplifiée avec un flux d’eau idéalisé de 0,75 Sv durant vingt
ans, ils obtiennent un ralentissement de la circulation thermohaline en Atlantique pendant environ trois siècles, avec un baisse de la température de 1 à
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◦ C sur les continents riverains de l’Atlantique Nord. Ce résultat est en bon
accord avec les données, bien que le forçage en eau douce soit relativement
plus important que ce qui est admis aujourd’hui. Bien plus, il a permis de
mettre en évidence des disparités dans la réponse climatique saisonnière, avec
une anomalie plus forte en été sur le nord de l’Europe qu’en hiver et une
bipolarité nord-sud, avec un refroidissement au nord et un réchauffement à
60
◦ S. Des études postérieures ont pu confirmer qu’un flux d’eau douce, même
limité à un an, était suffisant pour obtenir une réponse climatique cohérente
avec celle obtenue par analyse des indicateurs paléoclimatiques. L’impact climatique n’est pas immédiat, comme le montre la Figure 8.6. Par exemple, au
Groenland, son maximum est atteint au bout d’une trentaine d’années.
D’autres auteurs ont également mis en évidence le rôle du « bruit » climatique dans la durée de la réponse de l’océan au forçage en eau douce. En
effet, ils montrent qu’en ajoutant du bruit (valant zéro en moyenne) au forçage en eau douce, la durée de la réponse du modèle peut être modifiée de
quelques dizaines d’années à deux ou trois siècles. Cela a permis de mettre
en évidence l’importance de l’état initial climatique sur la réponse à un forçage donné, la réponse pouvant avoir un effet quasi-global comme dans le cas
de l’événement à 8 200 ans, ou n’avoir qu’un impact local de l’ordre de la
décennie. L’événement à 8 200 ans a également été reproduit dans un modèle
de circulation générale couplé incluant les isotopes de l’eau (Legrande et al.,
2006 [19]), démontrant que les résultats étaient cohérents non seulement avec
les évaluations de températures issues des indicateurs paléoclimatiques, mais
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