“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 314 — #337
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Paléoclimatologie
faunes de foraminifères planctoniques dans une carotte marine du sud de la
Norvège. Cet enregistrement prouve qu’il s’agit bien d’un événement climatique d’importance à l’échelle de l’Atlantique Nord, mais aussi que l’océan a
été affecté quasi-simultanément. Cette implication est renforcée par d’autres
enregistrements, plus lointains, de l’événement. Une des premières études à le
montrer est le δ
18 O des coquilles d’ostracodes d’un lac bavarois (Ammersee,
Allemagne), qui ont enregistré les changements du δ
18 O des précipitations
associées à un refroidissement (chapitre 14, tome 1 ; von Grafenstein et al.,
1998 [30]).
Dans les océans, les enregistrements marquant l’événement à 8 200 ans
sont assez rares, la résolution temporelle nécessaire devant descendre bien en
dessous du siècle. Parmi ces enregistrements, ceux provenant des mers nordiques montrent une diminution d’environ 3
◦ C de la température de surface
océanique. Cette étude prouve que cet événement est le plus important de
tout l’Holocène dans cette région. Enfin, ces auteurs montrent que le changement océanique n’affecte pas uniquement la surface, mais également l’océan
en profondeur. Ces derniers changements ont été confirmés très récemment
dans une carotte au sud du Groenland, qui met en évidence des modifications
dans la formation des masses d’eau profondes en Atlantique Nord.
Sur le continent, l’événement à 8 200 ans s’exprime par un refroidissement
mis en évidence en particulier en Europe. Les travaux sur les changements
du niveau des lacs européens montrent que, pendant cet événement, le climat était plus humide entre 50 et 43
◦ N, alors qu’au nord et au sud de cette
zone, il était sec. Les enregistrements polliniques, quant à eux, ne montrent
que rarement cet événement, peut-être parce que ces variations climatiques
n’étaient pas assez importantes pour modifier de façon majeure la végétation,
ou encore parce qu’il ne touchait pas la période de croissance des principales
plantes caractéristiques de ces paléoenvironnements, comme cela a été montré
en Europe du Nord ou en Amérique du Nord.
8.2.3 Les mécanismes
Les changements observés, par leur échelle, ainsi que par la multiplicité
des impacts (précipitations, températures, circulation océanique), ont très vite
permis de mettre en cause la circulation thermohaline atlantique comme acteur majeur de ce changement abrupt du climat. L’expérience des événements
de Heinrich (voir ci-dessus) a fait supposer qu’ici aussi, un apport brutal d’eau
douce à l’océan pouvait permettre de modifier la circulation thermohaline et
le climat autour de l’Atlantique Nord. Toutefois, il y a 8 200 ans, il n’y a guère
qu’un petit morceau de la calotte glaciaire Laurentide qui puisse être impliqué, avec la disparition vers cette époque du dôme recouvrant l’actuelle baie
de Hudson. Les indications des paléo-rivages de lacs montrent également une
disparition de deux grands lacs pro-glaciaires (les lacs Ojibway et Agassiz),
vers cette période, qui pourraient avoir contribué à apporter de l’eau douce à
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