“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 301 — #324
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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tructions. Il est cependant également possible que les climats de l’Europe et
de la Floride ne présentent pas la même sensibilité à des débâcles d’eau douce
en Atlantique Nord et au refroidissement associé. L’Europe, en effet, connaît
un régime de vents dominants d’ouest et se trouve donc sous l’influence directe du refroidissement de l’Atlantique Nord, au contraire de la Floride, de
l’autre côté de l’Atlantique. Il est crucial de pouvoir expliquer la richesse de
ces différents signaux. La modélisation, comme nous le montrerons plus loin
dans ce chapitre, peut permettre de donner un cadre cohérent aux évolutions
climatiques reconstruites pour des sites éloignés les uns des autres.
8.1.3 Variabilité millénaire en d’autres régions du globe
Après la révélation de l’existence de changements climatiques abrupts au
Groenland, en Atlantique Nord, et dans les régions adjacentes, des variations
rapides de caractéristiques du système climatiques ont été découvertes en
d’autres régions du globe, parfois très éloignées de l’Atlantique Nord. Ainsi,
des variations abruptes en δD de la glace de Vostok en Antarctique sont
rapportées, dès 1994, par l’équipe de M. Bender, qui établit une corrélation
avec les enregistrements du Groenland, grâce aux isotopes de l’oxygène de l’air
préservé dans la glace. En 1995, des variations abruptes de ventilation sont
mises en évidence dans le bassin de Santa Barbara, au large de la Californie. En
1998, sont montrés des changements abrupts de productivité biologique en mer
d’Arabie, fortement liée à l’intensité de la mousson, sur des échelles de temps
similaires à celles des cycles de Dansgaard-Oeschger. En 2000, c’est pour les
basses latitudes de l’Atlantique Nord (bassin de Cariaco) qu’il est montré que
le cycle hydrologique varie fortement en correspondance avec les événements
observés en Atlantique Nord. Voelker et al. (2002) [29] listent ainsi 183 sites
où de telles variations sont enregistrées. Depuis cette revue, de nouveaux
enregistrements se sont ajoutés à cette liste, attestant du caractère global des
variations climatiques abruptes, et impliquant un mécanisme agissant à cette
échelle.
Des variations climatiques rapides et de grande amplitude ont donc été
mises en évidence en de nombreux points du globe. Le point le plus délicat
dans l’interprétation de ces enregistrements est leur synchronisation. L’idéal
serait de disposer, pour chaque enregistrement, d’une datation absolue, à
l’échelle de ces événements abrupts, c’est-à-dire à l’échelle de la décennie. Ceci
est, pour la plupart des indicateurs paléoclimatiques, impossible à obtenir. En
effet, une méthode de datation telle que celle basée sur le
14 C n’offre pas, pour
la période glaciaire, la précision nécessaire pour mettre en relation des événements abrupts enregistrés dans deux endroits différents, c’est-à-dire pour
juger des différences de phases entre les différents enregistrements. De plus,
la mise en évidence de variations du temps de résidence du
14 C dans l’océan
(variations d’âge réservoir) pendant les événements abrupts rend les datations
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