“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 298 — #321
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Paléoclimatologie
grande calotte Laurentide, précédant cette dernière au moment des débâcles
de Heinrich, sans causalité évidente entre les deux.
Les événements de Heinrich ont attiré beaucoup d’attention de la part des
chercheurs ces dernières années, et de nombreuses relations entre les événements de débâcles d’icebergs et d’autres enregistrements (température, précipitation. . . ) ont été mises en évidence. Ceci aboutit, dans certaines publications, à un raccourci qui consiste à assimiler l’événement de débâcle à ses
impacts supposés en termes de climat. Il faut bien noter qu’au sens strict, un
événement de Heinrich ne peut être défini que par la présence d’éléments détritiques grossiers dans les carottes sédimentaires de la bande de Ruddimann.
Cela implique en particulier que la présence d’éléments détritiques dans une
carotte océanique de la marge finno-scandinave n’indique pas nécessairement,
à elle seule, un événement de Heinrich, mais plutôt une fonte locale d’icebergs, due à la proximité des calottes européennes. D’autre part, on ne peut
généralement pas définir d’événements de Heinrich dans des enregistrements
marins en dehors de la bande de Ruddiman ni, a fortiori, dans les enregistrements continentaux. Toutefois des corrélations stratigraphiques précises sont
possibles, notamment en faisant appel à la stratigraphie isotopique. Elles permettent d’utiliser les enregistrements polliniques issus de carottes marines
pour reconstruire les changements climatiques associés aux événements de
Heinrich sur le continent (Sánchez-Goñi et al., 2002 [26], Combourieu Nebout
et al. 2002 [4]). Il s’ensuit que le terme couramment employé de « coup de froid
de l’événement de Heinrich » est généralement abusif, car il ne s’applique qu’à
la bande de Ruddiman, et réducteur, car la baisse de température n’est qu’un
des aspects de la réponse climatique à un événement de Heinrich.
Événements de Dansgaard-Oeschger
Les enregistrements océaniques du δ
18 O de la calcite des foraminifères de
surface montrent également des variations abruptes au cours des événements
de Dansgaard-Oeschger, lorsque les carottes sont étudiées à une résolution de
l’ordre du siècle. Les variations enregistrées par des indicateurs marins ressemblent beaucoup à celles issues des données des glaces groenlandaises. Il
est donc tentant de relier directement chaque variation observée dans l’un des
enregistrements à l’autre, en supposant une réponse à une cause commune. Si
cela est certainement partiellement vrai (le δ
18 O des glaces polaires répond
avant tout à la température et le δ
18 O de la calcite des foraminifères contient
également un signal de température), en particulier lorsque l’on s’intéresse à
des enregistrements marins proche des calottes polaires, il ne faut toutefois
pas oublier que l’on mesure des indicateurs paléoclimatiques et non des paramètres climatiques, tels que la température. Corréler directement toute petite
variation dans chacun des enregistrements peut donc être excessif. En dépit
de ces difficultés, les enregistrements marins nous apprennent que durant les
événements de Dansgaard-Oeschger, l’océan de surface et l’océan profond su-
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