“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 297 — #320
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
297
8.1.2 Les conséquences régionales des événements
de Heinrich et de Dansgaard-Oeschger : Atlantique
Nord et régions adjacentes
8.1.2.1 Océan Atlantique
Événements de Heinrich
La fonte massive d’armadas d’icebergs modifie profondément les conditions
de surface en Atlantique Nord. Des changements sont enregistrés dans les
carottes sédimentaires océaniques, en particulier dans les signaux en δ
18 O
des foraminifères planctoniques. On mesure en effet des excursions vers des
δ
18 O plus légers dans la calcite de ces foraminifères, indicateurs soit d’eaux
de surface moins salées, soit de températures plus chaudes. Les faunes de
foraminifères fossiles présentes dans les sédiments témoignent de conditions
très froides durant les événements de Heinrich (voir, par exemple, Hemming,
2004 [15] ; Cortijo et al., 2005 [5]). C’est la fonte d’icebergs qui est responsable
d’un flux d’eau douce important, dessalant la surface de l’océan et apportant
un signal en δ
18 O tr est négatif, typique de l’eau contenue dans les calottes
glacières.
D’autres enregistrements paléoceanographiques montrent des réorganisations importantes durant les événements de Heinrich. En particulier, l’étude
du δ
13 C dans les carottes sédimentaires prouve que les eaux de fond de l’océan
Atlantique étaient moins ventilées (e.g. Elliot et al., 2002 [8]), démontrant une
réorganisation de la circulation océanique. Ces études ont été corroborées par
des analyses des propriétés magnétiques de carottes sédimentaires prélevées en
Atlantique Nord (voir Kissel, 2005 pour une compilation [18]), qui montrent
que la fonte d’icebergs s’accompagne d’un ralentissement des courants de fond
et de la circulation thermohaline.
L’étude isotopique (Sr/Nd) des grains apportés par les icebergs pendant
les événements de Heinrich en Atlantique Nord a permis de déterminer l’origine de ces icebergs. Grousset et al. (1993) [14] ont tout d’abord montré
qu’à l’intérieur des niveaux de Heinrich, si la majeure partie du matériel détritique apporté dans la bande de Ruddiman provient de la calotte glaciaire
Laurentide, on trouve toutefois des éléments détritiques provenant des calottes
glaciaires européennes et islandaise. Des études ultérieures et plus détaillées
de l’ensemble des événements de Heinrich ont complété ce panorama en montrant que lors de chaque événement de Heinrich, un niveau de détritiques
provenant des calottes européennes précède le niveau provenant de la calotte
nord-américaine. Cette relation de phase quasi systématique conduit ces auteurs à s’interroger sur une possible relation de causalité : les icebergs provenant des calottes européennes pourraient déclencher la décharge d’icebergs de
la calotte nord-américaine. Une autre interprétation de ces observations est
d’imaginer des calottes européennes plus petites qui oscillent plus vite que la
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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8.1.2 Les conséquences régionales des événements
de Heinrich et de Dansgaard-Oeschger : Atlantique
Nord et régions adjacentes
8.1.2.1 Océan Atlantique
Événements de Heinrich
La fonte massive d’armadas d’icebergs modifie profondément les conditions
de surface en Atlantique Nord. Des changements sont enregistrés dans les
carottes sédimentaires océaniques, en particulier dans les signaux en δ
18 O
des foraminifères planctoniques. On mesure en effet des excursions vers des
δ
18 O plus légers dans la calcite de ces foraminifères, indicateurs soit d’eaux
de surface moins salées, soit de températures plus chaudes. Les faunes de
foraminifères fossiles présentes dans les sédiments témoignent de conditions
très froides durant les événements de Heinrich (voir, par exemple, Hemming,
2004 [15] ; Cortijo et al., 2005 [5]). C’est la fonte d’icebergs qui est responsable
d’un flux d’eau douce important, dessalant la surface de l’océan et apportant
un signal en δ
18 O tr est négatif, typique de l’eau contenue dans les calottes
glacières.
D’autres enregistrements paléoceanographiques montrent des réorganisations importantes durant les événements de Heinrich. En particulier, l’étude
du δ
13 C dans les carottes sédimentaires prouve que les eaux de fond de l’océan
Atlantique étaient moins ventilées (e.g. Elliot et al., 2002 [8]), démontrant une
réorganisation de la circulation océanique. Ces études ont été corroborées par
des analyses des propriétés magnétiques de carottes sédimentaires prélevées en
Atlantique Nord (voir Kissel, 2005 pour une compilation [18]), qui montrent
que la fonte d’icebergs s’accompagne d’un ralentissement des courants de fond
et de la circulation thermohaline.
L’étude isotopique (Sr/Nd) des grains apportés par les icebergs pendant
les événements de Heinrich en Atlantique Nord a permis de déterminer l’origine de ces icebergs. Grousset et al. (1993) [14] ont tout d’abord montré
qu’à l’intérieur des niveaux de Heinrich, si la majeure partie du matériel détritique apporté dans la bande de Ruddiman provient de la calotte glaciaire
Laurentide, on trouve toutefois des éléments détritiques provenant des calottes
glaciaires européennes et islandaise. Des études ultérieures et plus détaillées
de l’ensemble des événements de Heinrich ont complété ce panorama en montrant que lors de chaque événement de Heinrich, un niveau de détritiques
provenant des calottes européennes précède le niveau provenant de la calotte
nord-américaine. Cette relation de phase quasi systématique conduit ces auteurs à s’interroger sur une possible relation de causalité : les icebergs provenant des calottes européennes pourraient déclencher la décharge d’icebergs de
la calotte nord-américaine. Une autre interprétation de ces observations est
d’imaginer des calottes européennes plus petites qui oscillent plus vite que la
