“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 3 — #26
i
i
i
i
i
i
i
i
1. Biogéochimie du système climatique...
3
(ou carbone élémentaire, EC), émis par les combustions de biomasse et de bio
fuels, qui lui absorbe fortement la lumière et échauffe la couche atmosphérique
où il est présent. L’aérosol désertique comme certains aérosols organiques sont
eux légèrement absorbants. L’effet indirect de l’aérosol, quant à lui, dépend
beaucoup de ses propriétés hygroscopiques, elles-mêmes liées à sa nature chimique ; un composé très soluble captera plus facilement l’eau qu’un composé
peu soluble ou moyennement soluble.
1.1.2 Composition de l’atmosphère et variables
climatiques ont été largement corrélées
dans le passé
Compte tenu de l’évolution des concentrations de gaz à effet de serre et
des aérosols depuis les débuts de la Révolution industrielle, et de l’impact de
cette augmentation sur le climat, le lien entre la composition de l’atmosphère
et le climat est au cœur de nos préoccupations. La recherche de preuves dans
le passé d’une évolution conjointe de la composition chimique de l’atmosphère
et du climat a motivé de nombreux scientifiques. La plus belle de ces preuves
nous vient des forages polaires et de la remarquable corrélation sur près de
800 000 ans, entre la concentration atmosphérique de CO 2 et les variations
de la température de l’air en Antarctique (Barnola et al., 1987 ; Petit et al.,
1999 ; Siegenthaler et al., 2005 ; Lüthi et al., 2008). D’autres travaux ont également montré une corrélation importante entre les variations climatiques et la
concentration d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane CH 4 et le protoxyde d’azote N 2 O (Chappellaz et al., 1990, Petit et al. 1999, Spahni et al.,
2005, Loulergue et al., 2008), ou avec les dépôts d’aérosols marins (embruns)
et crustaux (poussières désertiques) (Legrand et al., 1988 ; Petit et al., 1999 ;
Wolff et al. 2006).
Ces travaux ont permis de d’évaluer la contribution de ces différents composés aux grandes variations climatiques qu’a connues la Terre au cours des
derniers millions d’années. Ainsi, les variations du CO 2 dans l’atmosphère
permettent d’expliquer le tiers de la variation climatique entre le Dernier
Maximum glaciaire il y a 21 000 ans et l’Holocène (notre interglaciaire). Une
diminution de CH 4 et N 2 O et une augmentation des aérosols désertiques dans
l’atmosphère glaciaire ont également participé à l’établissement du climat particulièrement froid du Dernier Maximum glaciaire (Fig. 1.1).
Le lien entre climat et CO 2 a également été mis en évidence sur des périodes plus anciennes de l’histoire de notre planète (au cours du Phanérozoïque, au cours des derniers 60 Ma, cf. chapitre 6, tome 2). Nous avons choisi
de détailler dans ce chapitre la reconstitution du lien entre climat et composition de l’atmosphère au cours des dernières centaines de milliers d’années,
période pour laquelle nous disposons de la formidable archive glaciaire, qui
offre avec un haut niveau de détails et de précision nombre d’informations
pertinentes.
Précédent

- 26/450

Suivant