“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 207 — #230
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5. Le climat au Précambrien
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5.4 Conclusion
Il y a vingt ans, le Précambrien était une énorme zone d’ombre dans notre
connaissance de l’histoire climatique et géochimique de la surface de notre
planète. Cette période longue d’approximativement 4 milliards d’années et
qui a vu l’émergence des grands processus régulateurs de notre environnement
(l’émergence des continents, la mise en place de la tectonique des plaques, l’apparition de la vie et de l’atmosphère moderne) s’est progressivement dévoilée
au fur et à mesure de l’avancée des techniques expérimentales (en particulier
isotopiques) et du perfectionnement de la modélisation. Mais c’est à un saut
majeur dans notre compréhension que nous avons assisté depuis dix ans. Des
progrès très importants ont été accomplis concernant la description de l’évolution de l’environnement à la limite Archéen-Protérozoïque. Aujourd’hui, grâce
à l’étude toujours plus fine des rapports isotopiques des roches sédimentaires
de cette époque (δ
13 C, δ
56 Fe, Δ
33 S), le Grand Evénement d’Oxydation est
l’un des événements les mieux documentés du Précambrien. De même, la description des glaciations majeures, probablement globales, qui ont marqué la
fin de cette très longue période a progressé de manière fulgurante au cours des
dernières années. Nous connaissons aujourd’hui le nombre, l’âge et l’étendue
probable des glaciations qui ont précédé l’explosion cambrienne de vie, et nous
avons une image de plus en plus cohérente de leurs modalités.
Mais 4 milliards d’années, c’est une longue durée. Et de nombreuses zones
d’ombre demeurent encore. Les progrès réalisés ont permis d’éclairer certaines
périodes clé du Précambrien à la manière d’un projecteur. Mais des périodes
plus obscures, marquées par des évolutions plus lentes, plus progressives mais
qui couvrent de très longues portions du Précambrien, doivent être investiguées. En particulier, les raisons pour lesquelles la majeure partie du Protérozoïque est dépourvue de toute glaciation méritent toute notre attention.
Est-ce bien le cas ou s’agit-il d’un biais dans notre observation des formations
précambriennes ? Si c’est le cas, alors il s’agit de la période chaude persistante la plus longue (1,2 milliard d’années !) de l’histoire de notre planète.
Pourquoi les grandes avancées glaciaires quasi-périodiques qui sont observées
depuis l’émergence de la vie pluri-cellulaire ne sont-elles pas actives au Paléo
et Méso-Protérozoïque ? L’histoire du climat du Précambrien que nous avons
reconstruite jusqu’ici est essentiellement celle de ses crises glaciaires (le GEO,
le Néoprotérozoïque) mais celles-ci ne représentent en termes de durée qu’une
petite fraction de l’immense Précambrien. Reconstruire une image moins discontinue de cette période représente un défi majeur pour les décennies à venir.
Références bibliographiques
[1] Bodiselitsch, B., Koeberl, C., Master, S. et Reimold, W. U. (2005), « Estimating Duration and Intensity of Neoproterozoic Snowball Glaciations
from Ir Anomalies », Science, 308(5719), pp. 239-242.
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