“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page xx — #21
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Paléoclimatologie
Le Déluge biblique étant passé de mode, très vite une théorie, reposant sur
des bases astronomiques, apparaît. Des scientifiques comme Joseph Adhémar
et James Croll réalisent que le mouvement de la Terre autour du Soleil présente de faibles variations quasi périodiques au cours du temps, et ils suggèrent des mécanismes susceptibles d’engendrer périodiquement des avancées
et des reculs des glaciers. C’est finalement Milutin Milankovitch, professeur
à Belgrade, qui jettera les bases d’une théorie mathématique complète des
glaciations, dont la pertinence s’est révélée lorsque les paléocéanographes ont
retrouvé dans l’analyse isotopique des carottes marines, les fréquences des paramètres orbitaux. Nous savons maintenant que la dernière a culminé il y a
seulement 20 000 ans et qu’elle avait été précédée par de nombreuses autres.
Le grand mérite de Milankovitch a été de faire germer une nouvelle idée au
sein de la communauté scientifique : les climats anciens ne sont pas seulement
une curiosité fascinante pour les géologues ; ils obéissent à des lois physiques
qui sont les mêmes que celles qui gouvernent le climat actuel.
Cette révolution intellectuelle a eu des conséquences considérables et elle a
profondément modifié l’approche de l’étude des climats anciens pour en faire
une science, la paléoclimatologie, qui a de nombreuses interactions avec la
géologie, la géochimie, l’océanographie, la glaciologie, ainsi qu’avec l’approche
physique et dynamique du climat. La première partie de ce livre décrit les phénomènes physiques, chimiques et biologiques qui gouvernent le fonctionnement
du système climatique et montre comment il est possible de reconstituer ses
variations dans le passé.
C’est le travail des paléoclimatologues. Dès qu’ils en ont eu les moyens,
dans la seconde moitié du xx
e siècle, ils ont entrepris de retrouver toutes les
traces de l’évolution du climat pour acquérir une vision planétaire. Ceci les
a conduit à développer de nouvelles méthodes de prélèvements des sédiments
continentaux, mais aussi des sédiments marins dans le cadre de grandes campagnes océanographiques, et des glaces en réalisant de lourdes campagnes de
forages des glaciers de montagne et surtout des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. L’ampleur des moyens à mettre en œuvre est telle
que les campagnes de forage des glaces polaires ou des sédiments de tous les
océans du globe n’ont pu être réalisées que dans un cadre coopératif international qui a permis de coordonner les efforts des différentes équipes.
Cet investissement scientifique a fourni une moisson abondante d’échantillons susceptibles d’enregistrer les climats passés. Sur les continents, les sédiments lacustres, les tourbières mais aussi les concrétions des grottes ou les
anneaux des arbres fossiles ont apporté de nombreux témoignages des conditions environnementales, notamment sur le comportement de la végétation
et de l’atmosphère. Dans l’océan, tous les grands bassins ont été échantillonnés et des carottes permettant de retracer l’histoire des dernières dizaines de
millions d’années ont été prélevées. Enfin, les grands forages effectués dans
les calottes glaciaires ont fourni des indications non seulement sur les températures des zones polaires mais aussi sur la composition de l’atmosphère
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Paléoclimatologie
Le Déluge biblique étant passé de mode, très vite une théorie, reposant sur
des bases astronomiques, apparaît. Des scientifiques comme Joseph Adhémar
et James Croll réalisent que le mouvement de la Terre autour du Soleil présente de faibles variations quasi périodiques au cours du temps, et ils suggèrent des mécanismes susceptibles d’engendrer périodiquement des avancées
et des reculs des glaciers. C’est finalement Milutin Milankovitch, professeur
à Belgrade, qui jettera les bases d’une théorie mathématique complète des
glaciations, dont la pertinence s’est révélée lorsque les paléocéanographes ont
retrouvé dans l’analyse isotopique des carottes marines, les fréquences des paramètres orbitaux. Nous savons maintenant que la dernière a culminé il y a
seulement 20 000 ans et qu’elle avait été précédée par de nombreuses autres.
Le grand mérite de Milankovitch a été de faire germer une nouvelle idée au
sein de la communauté scientifique : les climats anciens ne sont pas seulement
une curiosité fascinante pour les géologues ; ils obéissent à des lois physiques
qui sont les mêmes que celles qui gouvernent le climat actuel.
Cette révolution intellectuelle a eu des conséquences considérables et elle a
profondément modifié l’approche de l’étude des climats anciens pour en faire
une science, la paléoclimatologie, qui a de nombreuses interactions avec la
géologie, la géochimie, l’océanographie, la glaciologie, ainsi qu’avec l’approche
physique et dynamique du climat. La première partie de ce livre décrit les phénomènes physiques, chimiques et biologiques qui gouvernent le fonctionnement
du système climatique et montre comment il est possible de reconstituer ses
variations dans le passé.
C’est le travail des paléoclimatologues. Dès qu’ils en ont eu les moyens,
dans la seconde moitié du xx
e siècle, ils ont entrepris de retrouver toutes les
traces de l’évolution du climat pour acquérir une vision planétaire. Ceci les
a conduit à développer de nouvelles méthodes de prélèvements des sédiments
continentaux, mais aussi des sédiments marins dans le cadre de grandes campagnes océanographiques, et des glaces en réalisant de lourdes campagnes de
forages des glaciers de montagne et surtout des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. L’ampleur des moyens à mettre en œuvre est telle
que les campagnes de forage des glaces polaires ou des sédiments de tous les
océans du globe n’ont pu être réalisées que dans un cadre coopératif international qui a permis de coordonner les efforts des différentes équipes.
Cet investissement scientifique a fourni une moisson abondante d’échantillons susceptibles d’enregistrer les climats passés. Sur les continents, les sédiments lacustres, les tourbières mais aussi les concrétions des grottes ou les
anneaux des arbres fossiles ont apporté de nombreux témoignages des conditions environnementales, notamment sur le comportement de la végétation
et de l’atmosphère. Dans l’océan, tous les grands bassins ont été échantillonnés et des carottes permettant de retracer l’histoire des dernières dizaines de
millions d’années ont été prélevées. Enfin, les grands forages effectués dans
les calottes glaciaires ont fourni des indications non seulement sur les températures des zones polaires mais aussi sur la composition de l’atmosphère
