“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page xix — #20
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Introduction
Pendant longtemps, les climats passés de notre planète n’ont été l’objet que de
quelques lignes dans les livres de géologie, essentiellement pour fixer le cadre
dans lequel s’étaient déposés les sédiments que les géologues retrouvaient sur
les continents, le seul domaine qui leur était accessible. Les scientifiques ont
très vite compris que les abondants dépôts de charbon de l’Angleterre, de la
Belgique, du Nord de la France, de l’Allemagne et de la Pologne résultaient de
la fossilisation d’une végétation abondante permise par un climat équatorial
chaud et humide qui régnait sur l’Europe occidentale, il y a quelques 350 millions d’années. (Un cahier hors-texte fournit une illustration de la dérive des
continents depuis 540 Ma.) Cinquante millions d’années plus tard, les sédiments de ces mêmes régions, des grès rouges, pauvres en fossiles et associés à
des produits d’évaporation témoignent de la disparition des forêts remplacées
par des zones désertiques, parsemées de lacs épisodiques sursalés, comme on
en trouve actuellement en Afrique saharienne. L’humidité avait fait place à
une aridité intense et on ne savait guère pourquoi. Il a fallu attendre la tectonique des plaques pour réaliser que l’Europe, très lentement, avait dérivé vers
les tropiques. Cette transformation du visage de la Terre due à la tectonique
est illustrée dans le cahier hors-texte de cet ouvrage.
La découverte des glaciations constitue une nouvelle surprise pour les géologues du xix
e siècle. C’est un véritable scandale qui éclabousse la Société
suisse de sciences naturelles de Neuchâtel lorsque son président, Louis Agassiz,
en 1837, présente une interprétation, incroyable pour l’époque, de la présence
de gigantesques blocs de rocher qui parsèment les montagnes du Jura : il
ose prétendre que ces blocs erratiques ne sont pas la trace du Déluge de la
Bible, mais d’énormes cailloux transportés sur de longues distances par de
gigantesques glaciers, qui auraient recouvert les hautes latitudes de notre hémisphère.
La polémique s’apaisa très rapidement, parce que les géologues européens
et américains découvrirent qu’ils étaient capables de retrouver sur tout l’hémisphère nord la trace des glaciers imaginés par Agassiz. En Europe comme en
Amérique du Nord, la cartographie des moraines terminales abandonnées par
les glaciers au moment de leur fonte, apporta la preuve de la présence de gigantesques calottes glaciaires dans un passé qui semblait lointain. . . d’autant
plus qu’on ne savait pas le dater.
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