“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 135 — #158
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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simulée est plus basse, environ 700 ppm ainsi que la température moyenne
du globe, un peu plus de 18
◦ C. La fin du Mésozoïque est marquée par la
dislocation finale du Gondwana. Les zones arides se réduisent, renforçant l’altération chimique à l’échelle du globe. Il en résulte une pCO 2 simulée assez
faible, entre 300 et 500 ppm pour le Crétacé. L’effet de la paléogéographie
sur le climat (à travers la régulation de l’altération chimique des silicates) est
donc un processus efficace visible sur les tendances à long terme, même s’il
n’explique pas toutes les variations climatiques.
3.4 Conclusion
Le rôle des changements paléogéographiques sur le climat et son évolution
est primordial. La présence d’un supercontinent engendre des climats caractérisés par de forts contrastes (climat continental aux hautes latitudes, large
zone aride dans les subtropiques, comme au Permien), alors qu’un continent
disloqué, qui plus est, associé à de vastes mers épicontinentales, conséquence
d’un haut niveau marin, comme au début du Crétacé supérieur, sera propice
à un climat relativement peu contrasté. La distribution des continents au gré
de leur regroupement et de leur dispersion représente un forçage climatique
important, ils n’expliquent pas toute l’histoire de la Terre. Les orogenèses
constituent également un forçage majeur du climat. L’orogenèse himalayenne
et la surrection du plateau tibétain sont certainement les deux événements
géologiques les plus étudiés au cours de ces trois dernières décennies en termes
d’impact sur la circulation atmosphérique et le climat. Mais les paléoaltitudes
des reliefs, y compris celles de l’Himalaya ou du plateau tibétain au cours du
Cénozoïque, restent entachées d’une incertitude très importante, qui pourrait
être réduite avec le développement actuel de nouveaux outils isotopiques. Si
l’impact de la paléogéographie sur la circulation atmosphérique a été largement étudié par le biais de la modélisation numérique, l’impact des changements paléogéographiques sur la circulation océanique est loin d’être aussi
bien connu. Des études ont montré l’impact des ouvertures de passages maritimes (Panama ou Indonésien) ou océaniques (connexion Atlantique Sud –
Atlantique central) sur le climat à travers la redistribution de la chaleur transportée par les courants océaniques. Mais il s’avère que l’on connaît encore très
mal le rôle des océans sur le climat et le fonctionnement de la circulation thermohaline dans des configurations géographiques différentes de la configuration
actuelle, bien que quelques études se soient intéressées à ce sujet par le biais
des données ou des modèles.
Comme nous pouvons le voir, la paléogéographie est un forçage direct
majeur, toutefois elle ne saurait expliquer l’intégralité des changements climatiques observés à l’échelle des temps géologiques, en particulier les variations de la température moyenne du globe. Mais la paléogéographie influence
également le climat de manière indirecte, en agissant sur l’intensité de l’effet
de serre. Le degré de fragmentation des supercontinents et la position des
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