“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 113 — #136
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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de nombreux dykes datés entre 2,4 Ga et 2,1 Ga pourrait témoigner de la
dislocation de ces continents éphémères.
La période suivante comprise entre 2,1 Ga et 1,8 Ga est marquée par la formation du premier supercontinent Columbia par assemblage de petits cratons
occasionnant de très nombreuses orogénèses (Zhao et al., 2004). Cette période
marque également la structuration de nombreux grands cratons (Laurentie,
Baltique, Groenland, Sibérie, Australie Occidentale, Inde, Amazonie-Afrique
de l’Ouest, Congo-Sao Francisco). Le craton Laurentie résulte du collage de
plusieurs cratons (Superior, Rae, Slave, Hearne) et de lambeaux de croûtes
continentales (ou terranes en anglais) entre 1,95 Ga et 1,8 Ga. Le supercontinent Columbia est entièrement assemblé vers 1,8 Ga. Entre 1,8 et 1,3 Ga, le
supercontinent Columbia connaît une période d’accrétion continue le long de
ces marges actives (zones de subduction). Ces ceintures accrétionnaires magmatiques augmentent significativement la surface continentale. Le développement de rifts continentaux vers 1,6 Ga marque le début de la fragmentation
du supercontinent Columbia qui dure environ 300 millions d’années. Mais,
très rapidement, un nouvel assemblage s’initie et aboutira à la formation du
supercontinent Rodinia vers 950 Ma.
Pour la période néoprotérozoïque, entre 1 050 Ma (1,05 Ga) et 540 Ma
(0,54 Ga), les données paléomagnétiques, plus nombreuses que pour le Paléoet Mésoprotérozoïque, mais aussi les arguments géologiques permettent d’établir des reconstructions paléogéographiques globales. Les cartes proposées ici
sont adaptées de la synthèse récente de Li et al. (2008). Elles constituent une
solution possible mais non unique aux données disponibles.
La configuration paléogéographique, il y a 1 000 Ma, est très différente de
l’actuelle. La côte sud de la Laurentie (qui correspond actuellement à la côte
est du continent Nord-Américain) entre en collision avec le bloc Amazonie
(un bloc constitutif de l’Amérique du Sud), puis peu après, la côte nord de
la Laurentie, avec celles de l’Australie, de l’Antarctique de l’Est et le bloc
Chine du Sud. Le regroupement de l’ensemble des cratons existant à cette
époque s’achève vers 950 Ma et forme le supercontinent Rodinia. De ces différentes collisions continent-continent naissent plusieurs grandes chaînes de
montagnes, dont on retrouve la signature géologique au travers de ceintures
métamorphiques. C’est le cas en Amérique du Nord, avec l’orogenèse Grenville datée à 1 Ga, et l’orogenèse Sibao en Chine du Sud. Mais il n’existe pas
encore de consensus sur l’histoire du supercontinent Rodinia. Le nombre de
continents constituant Rodinia, l’âge de sa formation ou de sa dislocation,
voire même son existence pour certains, restent des questions ouvertes. En
effet, il n’existe pas encore de consensus, car le nombre et la qualité des données géologiques, géochronologiques et paléomagnétiques ne permettent pas
d’aboutir à une solution unique. Pour une analyse beaucoup plus approfondie
des données paléomagnétiques et des conséquences en termes de configurations, le lecteur pourra se référer aux travaux de Li et al. (2008).
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