“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 106 — #129
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Paléoclimatologie
réciproquement en période de construction de supercontinent, le volume total
des dorsales décroît et le niveau des océans baisse. En d’autres termes, l’âge
moyen des océans reflète les variations eustatiques au premier ordre (Cogné
et Humler, 2006).
La topographie dynamique liée à la subsidence de bassin, à la déformation
associée aux zones de subduction, où même à la dérive globale de la lithosphère
que nous avons déjà évoquée, résulte d’une redistribution interne de masse
pilotée par la convection mantellique. Elle induit des mouvements verticaux
des continents qui conduisent à leur inondation ou à leur exondation.
3.2.5 Un survol des visages de la Terre à travers
les âges
Reconstruire la paléogéographie passée implique déjà de connaître la position des grandes plaques définies par Morgan en 1967 et d’un certain nombre
de petits blocs continentaux. Cette tâche s’avère difficile pour les périodes
antérieures à 1,1 Ga (1 100 Ma) en raison du faible nombre de données paléomagnétiques disponibles. La position des paléorivages dépend des informations
lithologiques disponibles. Côté topographie, les estimations des paléoaltitudes
sont entachées d’une incertitude importante, y compris pour des orogénèses
récentes comme celle de la chaîne de l’Himalaya, mais les données géologiques
permettent de localiser les orogénèses. À partir des données disponibles, nous
allons esquisser le portrait de la Terre depuis l’Archéen. Les grands traits de
l’évolution paléogéographique sont reportés dans l’atlas (Fig. 3.9).
Actuellement, les plus vieilles unités géologiques observables à l’affleurement datent de plus de 3 milliards d’années. Néanmoins, elles sont rares et ne
permettent pas d’estimer les surfaces continentales présentes à cette époque.
Mais la datation d’un grand nombre de zircons, minéral omniprésent dans de
nombreuses roches (ignées, métamorphiques ou sédimentaires) a permis de retracer les grandes périodes de production de croûte continentale. Des zircons
âgés de plus de 4 Ga découverts dans des formations géologiques archéennes
témoignent de l’existence d’une croûte continentale, même éphémère, quelques
centaines de millions d’années après la formation de la Terre. Vers 3,5 Ga, les
premiers blocs continentaux stables apparaissent. L’analyse des plus anciens
cratons révèle que ceux-ci se sont formés par l’amalgamation de lambeaux de
croûte continentale de taille modeste, d’arcs insulaires, de prisme d’accrétion,
de plateaux volcaniques océaniques. Le premier grand pic de production de
croûte continentale date de 2,7 Ga, une avalanche dans le manteau induisant
la formation d’un grand nombre de panaches mantelliques en serait la cause.
Cet événement à 2,7 Ga se traduit par l’augmentation du nombre de cratons,
c’est-à-dire de croûte continentale pérenne, et donc par un brusque accroissement de la surface continentale. Toutefois, l’existence de supercontinent dès
cette époque reste peu probable (Bleeker, 2003).
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