“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 101 — #124
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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difficile lorsque l’on s’intéresse à des périodes reculées. Une méthode empirique, largement utilisée pour effectuer les reconstructions paléogéographiques,
consiste à définir le contexte tectonique de l’époque étudiée et rechercher un
analogue actuel.
3.2.4 Les variations eustatiques et les passages
maritimes
La circulation océanique joue un rôle important dans le système climatique en transportant de la chaleur des basses vers les hautes latitudes, en
particulier, à travers des courants de surface. Mais ce transport dépend de
la répartition des continents et de la forme des bassins océaniques. Actuellement, les eaux profondes se forment principalement dans l’océan Atlantique
Nord, plus précisément en mer de Norvège et en mer du Labrador. La configuration de la circulation thermohaline était différente dans le passé. À la fin
du Crétacé, l’océan Atlantique Nord n’était pas encore ouvert et les échanges
entre l’océan Atlantique Central et l’océan Arctique étaient encore limités. La
formation des eaux profondes pourrait donc être transférée dans l’océan Pacifique, d’après les modèles numériques simulant la circulation à grande échelle
de l’océan et de l’atmosphère.
Les changements de configuration géographique à travers les dérives des
continents, ou plus radicalement, l’ouverture ou la fermeture de bassins
océaniques, sont donc susceptibles de bouleverser profondément la circulation océanique. Mais des changements beaucoup plus modestes pourraient
avoir des effets également considérables. Les passages maritimes constituent
d’étroits corridors, en général peu profonds, à travers lesquels circulent des
masses d’eau océanique. Le célèbre détroit de Gilbraltar permet la circulation
des masses d’eau de l’océan Atlantique vers la mer Méditerranée en surface,
et en sens inverse en profondeur. Cet échange maritime est primordial. Son interruption causerait l’assèchement de la mer Méditerranée en moins de quinze
siècles, car cette mer connaît une forte évaporation qui ne peut pas être compensée dans le contexte climatique actuel, par les précipitations ou par le
ruissellement continental. L’ouverture ou la fermeture de passages maritimes
peuvent donc avoir un impact significatif. Définir un historique précis de l’ouverture ou de la fermeture des passages océaniques est difficile du fait de leur
dimension, mais des marqueurs paléocéanographiques permettent de les identifier. Enfin, l’ouverture ou la fermeture de ces passages sont contrôlées par
des processus tectoniques mais également par les variations du niveau des
océans.
Les changements de niveau marin modifient profondément le visage de
la Terre. Les périodes de haut niveau marin, comme celle du Cénomanien
(∼95 Ma) étudié par Eduard Suess à la fin du xix
e siècle, causent l’inondation de larges zones continentales. De vastes mers épicontinentales, généralement peu profondes (10 à 200 m), couvrant jusqu’à 30 % des continents, sont
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