“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 92 — #115
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Paléoclimatologie
Pour vérifier si la distribution des indicateurs paléoclimatiques découverts au
sein de formations géologiques ne changeait pas au cours du temps, Irving
a replacé les continents (et les sites des indicateurs paléoclimatiques) dans
leur position passée, à l’aide des pôles magnétiques virtuels, et dans l’hypothèse d’un dipôle axial géocentré. Ainsi reconstruite, la répartition latitudinale
des indicateurs paléoclimatiques est statistiquement identique à leur distribution actuelle, vérifiant ainsi l’hypothèse du dipôle axial centré. D’autres
études menées au cours des années 1960 ont permis de valider cette hypothèse, tout d’abord pour le Plio-Pléistocène, puis progressivement jusqu’au
Précambrien.
Les chemins de dérive apparente des pôles permettent de placer les continents dans leur position d’origine par rapport à l’axe de rotation de la Terre,
autrement dit en paléolatitude et en orientation. Mais le paléomagnétisme ne
suffit pas, car il ne fixe pas la paléolongitude des continents, en raison de la
symétrie sphérique du champ magnétique (dans l’hypothèse d’un champ magnétique dipolaire axial et centré). Nous faisons donc appel aux paramètres
cinématiques des océans qui fixent un continent rigide en position relative par
rapport à un autre. Mais cette méthode n’est applicable que lorsque l’océan
séparant deux continents est bordé par des marges passives et surtout tant
que l’on dispose de ces paramètres cinématiques (accessible pour les 170 derniers millions d’années uniquement). Si l’une de ces marges océaniques est
une marge active, le positionnement d’une plaque par rapport à une autre
est néanmoins possible en cheminant par un ou plusieurs autres continents
intermédiaires, séparés par des marges passives. Il reste néanmoins les cas où
la déformation des blocs continentaux par la tectonique (zone de collision,
par exemple), la présence de marges actives, ou bien l’âge de la reconstruction ne peuvent s’appuyer sur cette méthode combinant paléomagnétisme et
cinématique des océans. Dans ces cas, tout repose sur le paléomagnétisme et
les chemins de dérive apparente des pôles.
Ces chemins de dérive apparente des pôles ne sont pas tous de qualité
équivalente. Pour pallier cet inconvénient, Besse et Courtillot (1991) ont proposé de calculer des chemins synthétiques de dérive apparente des pôles dans
lesquels les pôles d’un âge donné de toutes les plaques sont intégrés dans un
référentiel unique (c’est-à-dire transférés d’une plaque lithosphérique à une
autre plaque à l’aide des paramètres cinématiques des océans). Cette méthode
est applicable aux 320 derniers millions d’années (malgré l’absence de données
cinématiques pour les océans au delà de 170 Ma car tous les continents sont
alors réunis en un supercontinent, la Pangée). Au-delà de 320 millions d’années, et ce pour l’ensemble des continents et quelle que soit la période pour
les blocs entourés de marges actives, les reconstructions reposent uniquement
sur les chemins de dérive apparente des pôles, mais des arguments géologiques
et/ou paléontologiques peuvent apporter des contraintes sur la position relative des blocs. Naturellement, les incertitudes augmentent globalement avec
l’âge, par manque de données.
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