“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 85 — #108
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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soit son ampleur, est contemporaine de la mise en place d’une grande province
basaltique à travers un volcanisme particulièrement intense.
Après cette crise du Permo-Trias, une situation comparable à celle du Permien supérieur perdure au Trias, marqué par un climat globalement chaud et
assez sec. Au Trias supérieur (∼210 Ma), les faciès sédimentaires d’Amérique
du Nord suggèrent une forte saisonnalité des précipitations occasionnées par
des régimes de type « méga-moussons ». Par la suite, la Terre connaît un climat globalement plus froid durant le Jurassique (∼180 Ma). La présence de
calottes de glace aux hautes latitudes a été suggérée, mais cette hypothèse
repose sur des arguments qui demandent à être confirmés.
Jusqu’au milieu des années 1990, le Crétacé (130 − 65 Ma) a été considéré
comme une période marquée par un climat globalement chaud et uniforme,
mais l’accumulation de données basées sur différents indicateurs climatiques
a totalement bouleversé l’idée que l’on se faisait du climat de cette période.
Le Crétacé commence par une période froide où la présence de calotte est
fortement envisagée, passe par une période particulièrement chaude vers le
milieu du Crétacé, avant de connaître une baisse sensible des paléotempératures vers la fin du Crétacé. À cette tendance de très long terme se superpose
une variabilité climatique rapide et de grande amplitude. Les mesures isotopiques de l’oxygène des tests carbonatés des foraminifères planctoniques ou
des dents de poissons donnent une estimation de la paléotempérature des
eaux de surface des océans. Ces données, ainsi que les études effectuées en
domaine continental, sur des assemblages floristiques par exemple, reflètent la
variabilité climatique de cette époque. Ainsi, au milieu du Crétacé, le Cénomanien (∼95 Ma) connaît un climat particulièrement chaud, comme l’atteste
la répartition des flores tropicales qui se développent jusque dans les moyennes
latitudes. Le Crétacé se termine par un refroidissement rapide et marqué juste
avant la crise biologique majeure de la limite Crétacé-Tertiaire à 65 Ma, qui
a mis fin à près de 60 % des espèces sur Terre, dont les célèbres dinosaures.
L’origine de cette crise est la chute d’un corps extraterrestre dans le golfe du
Mexique pour les uns, et la conséquence d’un volcanisme exceptionnel associé
à la mise en place des traps du Deccan en Inde pour les autres (Chenet et al.,
2009).
Après cette crise, la température moyenne globale remonte progressivement, la Terre entre dans une période chaude pendant laquelle les évidences
de glaciation disparaissent. Cette période est ponctuée par le maximum thermique de la limite Paléocène-Eocène (55 Ma) (Zachos et al., 2001). Il s’agit
d’un événement rapide, environ 300 ka, pendant lequel on assiste à la migration de niches écologiques tropicales vers les hautes latitudes. Une flore
tropicale, mais également des tortues, des crocodiles, et de nombreux mammifères ont été découverts sur les îles Ellesmere et Axel Heiberg, au nord du
Canada, déjà situées à de hautes latitudes.
Dès l’Éocène moyen (vers 45 Ma), la Terre connaît les prémices d’une nouvelle période glaciaire, marquée par le premier stade de développement de la
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