“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 84 — #107
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Paléoclimatologie
sont colonisés à cette époque que par quelques mousses et lichens). La Terre
connaît au Silurien et au Dévonien un climat globalement plus chaud. Les plateformes carbonatées, qui se développent dans les mers chaudes, s’étendent de
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◦ S à 60
◦ N. Pareille extension ne sera plus jamais observée par la suite. La
forte extension latitudinale de ces plateformes carbonatées suggère de faibles
gradients thermiques latitudinaux. Les faciès évaporitiques largement présents
suggèrent un climat semi-aride à aride aux latitudes subtropicales.
Un autre bouleversement caractérise le Dévonien : la colonisation des terres
émergées par la vie. Les premières forêts constituées d’Archeopteris apparaissent à la fin du Dévonien vers 380 Ma. Quelques plantes, dont les bryophites, avaient constitué en quelque sorte au Silurien l’avant-garde de cette
colonisation des terres jusqu’alors totalement désertes et stériles. L’apparition de la biosphère continentale vient bouleverser le cycle du carbone et
pourrait avoir influencé le climat de la Terre. La fin du Dévonien et le début
du Carbonifère marquent en effet le retour des épisodes glaciaires et un climat
plus contrasté en latitude. Deux épisodes de glaciation brefs et spatialement
peu étendus sont observés respectivement à la limite Dévonien-Carbonifère
(∼360 Ma) et au Carbonifère inférieur (∼340 Ma), en Amérique du Sud. La
Terre connaît ensuite une période glaciaire pendant 50 Ma environ, depuis la
base du Carbonifère supérieur (∼320 Ma) jusqu’à la fin du Permien inférieur
(∼270 Ma), ponctuée par plusieurs phases d’avancée et de retrait de la calotte
de glace (mais sans disparition complète). C’est l’épisode glaciaire le plus long
et le plus important de tout le Phanérozoïque. Les formations sédimentaires,
les planchers striés et les « dropstones » (ces blocs de roches largués par les
icebergs lors de leur fonte et tombés dans les sédiments marins non consolidés)
sont autant de preuves de la présence de glace en Amérique du Sud, en Afrique
australe et orientale, sur la péninsule arabique, le sous-continent indien et en
Australie, c’est-à-dire toute la partie sud du continent Gondwana.
À la fin du Carbonifère (∼300 Ma), alors qu’un climat froid se développe
aux hautes et moyennes latitudes de l’hémisphère sud (dont témoigne la présence d’une calotte de glace), les indicateurs paléoclimatiques attestent d’un
climat tropical et humide sur une partie de l’Europe et de l’Amérique du
Nord, alors en position équatoriale. Le contraste climatique entre basses et
hautes latitudes était donc très marqué.
Cette situation disparaît au profit d’un climat plus chaud et surtout plus
sec au Permien supérieur. Les climats humides se limitent à des bandes étroites
autour de l’équateur et dans les moyennes latitudes. Une extinction majeure,
au cours de laquelle 90 % des faunes et des flores disparaissent se produit à la
limite Permo-Trias (∼251 Ma). Pendant cette crise, les indicateurs climatiques
montrent un réchauffement important ainsi qu’une anoxie océanique. Un volcanisme exceptionnel à l’origine des traps de Sibérie est contemporain de cette
crise et en est désormais considéré comme la cause principale. Même si les relations entre volcanisme et crise ne sont pas encore complètement élucidées,
il convient de noter que chaque crise écologique du Phanérozoïque, quelle que
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