“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 78 — #92
i
i
i
i
i
i
i
i
78
L’épopée de l’énergie nucléaire
Superphénix : une bonne idée réalisée trop tôt
Après Rapsodie et Phénix qui ont permis la mise au point de la filière à neutrons rapides
refroidie au sodium (RNR), et dans la suite logique de ce que nous venons de voir, est
lancé, en 1977, le projet Superphénix. Il s’agit d’un projet très ambitieux, puisqu’il fait
passer, sans étape intermédiaire, du prototype de 250 MWé (Phénix) au réacteur de taille
industrielle (1 200 MWé).
[ c
CEA. Archives CEA.]
Figure 3.10. Superphénix à Creys-Malville.
Pour réaliser ce projet, est mise en place une société spécifique, la NERSA (Nucléaire
européenne rapides société anonyme), à capitaux principalement français (51 %), italiens
(33 %) et allemands (11 %). Après Superphénix est prévu, sur le sol allemand et avec cette
fois une participation majoritaire de ce pays, un réacteur de même puissance : ces réalisations doivent être les prémices du développement à plus long terme d’un parc complet
de réacteurs à neutrons rapides surgénérateurs qui remplaceront les réacteurs à neutrons
thermiques utilisant mal l’uranium.
Superphénix diverge à Creys-Malville (Ain) le 7 septembre 1985 et atteint sa pleine
puissance en décembre 1986. Les années suivantes, le fonctionnement sera de nombreuses fois interrompu à la suite d’incidents techniques assez normaux pour un tel prototype et surtout de tracasseries administratives. En 1997, lorsque, enfin, la rentabilité
économique semble en vue (en 1996, le taux de disponibilité de la centrale a atteint
96 %), une décision d’arrêt définitif est prononcée par le gouvernement pour honorer un
accord électoral avec le parti Vert ; dans sa déclaration d’investiture à l’Assemblée nationale, le 19 juin 1997, le Premier ministre Lionel Jospin déclare : « le surgénérateur qu’on
appelle Superphénix sera abandonné ».
Précédent

- 98/189

Suivant