“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 74 — #88
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L’épopée de l’énergie nucléaire
service et 118 annulations
8 . Les situations ailleurs sont très contrastées, allant de programmes relativement ambitieux (Allemagne, Belgique, Suède, Russie et pays de l’Est,
Canada, Japon, etc.) à un rejet complet du nucléaire : par exemple, l’Italie qui a renoncé
au nucléaire par référendum (1987) après avoir exploité quatre réacteurs ou l’Autriche qui
a abandonné sa centrale de Zwentendorf, presque terminée, par référendum également
(1978). Les gouvernements allemand et belge ont déclaré vouloir, à terme, se passer du
nucléaire ; mais la Suède diffère les arrêts de centrales décidés aussi par référendum en
1980 (prévoyant l’abandon du nucléaire en 2010) et envisage d’organiser une nouvelle
consultation dans l’espoir de désavouer la précédente.
La création d’Eurodif
Revenons à la situation française. Il est clair que la décision d’adopter la filière des réacteurs à eau suppose d’acquérir aussi la capacité de produire de l’uranium enrichi car il
est hors de question de compter sur les capacités étrangères trop assujetties au bon vouloir des producteurs et aux interdictions possibles de leurs gouvernements pour des motifs
de non-prolifération. Nous avons vu que la France s’était lancée dans un programme de
production d’uranium très enrichi à finalité militaire. C’est dire qu’avec l’usine de Pierrelatte utilisant la diffusion gazeuse elle avait acquis la technologie de l’enrichissement.
Cette technologie va être reprise pour une nouvelle usine, appelée Georges Besse, située
à Tricastin, dans la même région, destinée à la production d’uranium faiblement enrichi
(moins de 5 %) à usage civil.
[ c
CEA. Archives CEA.]
Figure 3.6. Vue générale de l’usine Georges Besse d’Eurodif. Au premier plan, la centrale
nucléaire EdF du Tricastin.
8 Chiffres de 2002 : 104 réacteurs en fonctionnement, 138 commandes annulées. Outre les annulations, il faut
noter l’allongement des délais de constructions dus aux changements des critères de sûreté et aux tracasseries
administratives. Le record (23 ans) est détenu par le réacteur Watt Bar-1, commandé en 1970, dont les travaux
ont commencé en 1973 et dont le couplage au réseau eut lieu en 1996.
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