“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 62 — #76
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L’épopée de l’énergie nucléaire
de fission). Le 25 septembre 1972, cette découverte fait l’objet de deux communications
à l’Académie des Sciences.
Dans les mois et années qui suivent, de nombreuses analyses sont réalisées par des laboratoires universitaires et du CEA s’intéressant à la géologie et au nucléaire. Une synthèse
des recherches est faite lors d’un colloque à Libreville (Gabon), en juin 1975, organisé par
l’AIEA à l’initiative de la République du Gabon et du CEA. Le CEA chargera Roger Naudet
de la coordination des recherches : l’épais volume de synthèse qu’il publiera en 1991 se
lit comme un roman !
[ c
CEA. Hosatte.]
Figure 2.37. Vue de la carrière d’Oklo au Gabon. À droite, le sarcophage où a été préservée la
zone de réaction n
o 2.
Le phénomène s’explique par son ancienneté et par les particularités géologiques
d’Oklo.
1/ L’ancienneté : il y a deux milliards d’années, compte tenu de la période radioactive
de l’uranium 235 (700 millions d’années) plus courte que celle de l’uranium 238 (4,5
milliards d’années), la teneur en isotope fissile n’était pas comme actuellement de 0,7 %
mais de l’ordre de 3 % ; c’est précisément la teneur adéquate adoptée aujourd’hui dans
les réacteurs à eau.
2/ Les particularités géologiques : teneur exceptionnelle du gisement (par endroit, l’uranium constitue plusieurs dizaines de pour cent en masse), dimensions appréciables (se
chiffrant en mètres), eau imprégnant le terrain. Il y a là toutes les caractéristiques nécessaires pour obtenir un facteur de multiplication suffisant, comme le confirment les calculs
de neutronique faits par les physiciens des réacteurs. Autre particularité exceptionnelle : la
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L’épopée de l’énergie nucléaire
de fission). Le 25 septembre 1972, cette découverte fait l’objet de deux communications
à l’Académie des Sciences.
Dans les mois et années qui suivent, de nombreuses analyses sont réalisées par des laboratoires universitaires et du CEA s’intéressant à la géologie et au nucléaire. Une synthèse
des recherches est faite lors d’un colloque à Libreville (Gabon), en juin 1975, organisé par
l’AIEA à l’initiative de la République du Gabon et du CEA. Le CEA chargera Roger Naudet
de la coordination des recherches : l’épais volume de synthèse qu’il publiera en 1991 se
lit comme un roman !
[ c
CEA. Hosatte.]
Figure 2.37. Vue de la carrière d’Oklo au Gabon. À droite, le sarcophage où a été préservée la
zone de réaction n
o 2.
Le phénomène s’explique par son ancienneté et par les particularités géologiques
d’Oklo.
1/ L’ancienneté : il y a deux milliards d’années, compte tenu de la période radioactive
de l’uranium 235 (700 millions d’années) plus courte que celle de l’uranium 238 (4,5
milliards d’années), la teneur en isotope fissile n’était pas comme actuellement de 0,7 %
mais de l’ordre de 3 % ; c’est précisément la teneur adéquate adoptée aujourd’hui dans
les réacteurs à eau.
2/ Les particularités géologiques : teneur exceptionnelle du gisement (par endroit, l’uranium constitue plusieurs dizaines de pour cent en masse), dimensions appréciables (se
chiffrant en mètres), eau imprégnant le terrain. Il y a là toutes les caractéristiques nécessaires pour obtenir un facteur de multiplication suffisant, comme le confirment les calculs
de neutronique faits par les physiciens des réacteurs. Autre particularité exceptionnelle : la
