“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 56 — #70
i
i
i
i
i
i
i
i
56
L’épopée de l’énergie nucléaire
La création de l’IPSN et de la DSIN
C’est dans la première moitié du XX
e siècle que l’on prend progressivement conscience du
danger des rayonnements radioactifs
14 . Dès le démarrage des premiers réacteurs, les techniciens connaissent parfaitement les dangers potentiels de ces machines, soit directement
par les rayonnements (neutrons et photons) qui s’échappent du cœur, soit indirectement
par la radioactivité des produits qui se sont formés (produits de fission, actinides artificiels,
produits d’activation) qui doit être soigneusement confinée. Pour arrêter les premiers, on
doit placer des murs suffisamment épais pour protéger le matériel et le personnel ; pour
les seconds, il faut veiller à éviter tout accident et, au cas où il se produirait néanmoins,
prévoir les mesures de mitigation pour en réduire le plus possible les conséquences néfastes
15 , et organiser une gestion stricte des combustibles irradiés extraits des réacteurs et
des autres déchets nucléaires.
Contrairement à se qui se passait dans la plupart des industries, la démarche de sûreté
a été introduite très tôt et s’est élaborée de façon très rigoureuse, notamment en France
sous l’impulsion de Jean Bourgeois. Pour simplifier, disons qu’elle va s’organiser autour de
trois acteurs principaux :
1/ l’exploitant (des centrales nucléaires, par exemple) responsable, en tout état de
cause, du bon fonctionnement des installations ;
2/ une Autorité de sûreté nucléaire (ASN, devenue Haute Autorité de sûreté nucléaire
[HASN] par la loi du 13 juin 2006) délivrant, au vu de dossiers très précis et complets, les
autorisations d’exploitation ; en France, ce sera la DSIN (Direction de la sûreté des installations nucléaires) et l’OPRI (Office de protection contre les rayonnements ionisants), et
aujourd’hui la DGSNR (Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection) ;
3/ un organisme de soutien technique ; en France, l’IPSN (Institut de protection et sûreté
nucléaire), aujourd’hui IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, regroupant
l’IRSN et l’essentiel de l’OPRI).
Par ailleurs, des plans d’urgence sont prévus et testés à l’avance par des exercices pour
organiser le plus efficacement possible les interventions en cas d’accident.
La création de l’INSTN
Mettre en place un programme de développement industriel de l’énergie nucléaire et les
analyses de sûreté associées ne se fait pas sans une solide action de formation associée. Au
CEA, à EdF, dans l’industrie, de nombreux spécialistes de la physique et de la technologie
des réacteurs sont nécessaires. C’est la raison pour laquelle de vigoureuses actions de
recyclage de spécialistes des énergies classiques et de formation des jeunes générations
seront réalisées.
La principale sera prise à l’initiative du directeur du Centre d’études nucléaires de
Saclay, Jean Debiesse, en liaison avec les établissements d’enseignement, notamment la
14 La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) est créée en 1928 ; le Comité scientifique
des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) en 1955.
15 Dès 1966, l’opinion américaine s’inquiète du « syndrome chinois » : en cas de fusion du cœur, la matière
liquéfiée (corium) pourrait percer la cuve et s’enfoncer... jusqu’aux antipodes (en l’occurrence, la Chine). Le
célèbre rapport Rasmussen (1974) amènera à une vue plus rationnelle des scénarios possibles et de leurs probabilités d’occurrence.
Précédent

- 76/189

Suivant