“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 42 — #56
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L’épopée de l’énergie nucléaire
canal de 112 km entre la Petchora, la Volga et la mer Caspienne pour alimenter cette
dernière en eau douce.
Les premières réalisations électronucléaires
Le nucléaire restera marqué par le « péché nucléaire » de Hiroshima et Nagasaki. Cependant, comme le souligne Bertrand Goldschmidt (Le complexe atomique, p. 9), les développements industriels ont largement bénéficié des acquis obtenus grâce aux programmes
militaires. « Entre les deux aspects civil et militaire [...] il existe une dissymétrie fondamentale. En effet, le développement des armements nucléaires a précédé de quelque dix
à quinze ans celui des installations — moteurs marins et centrales — produisant de l’énergie utilisable et s’est toujours déroulé sans pratiquement subir d’influence de la part des
programmes civils. À l’opposé, la production d’électricité d’origine nucléaire et son cycle
du combustible ont pris leurs racines dans les fondements techniques et industriels des
efforts militaires.
Si le phénomène de fission s’était seulement prêté à la réalisation de l’explosif, la récupération de l’énergie s’étant révélée techniquement ou économiquement impraticable,
le déroulement de l’affaire atomique sous son angle militaire eût été presque inchangé.
En revanche, si, par bonheur, l’arme eût été irréalisable et seule la production d’énergie utilisable possible, le développement de cette nouvelle source se serait déroulé tout
autrement. »
C’est à la fin des années 1940 et au cours de la décennie qui suit qu’apparaissent les
premiers prototypes de réacteurs industriels.
Cette période se caractérise par un foisonnement des idées ; nous n’hésiterions pas
aujourd’hui à considérer comme irréalistes certains programmes de recherche qui furent
menés à cette époque, tel l’avion nucléaire (projet américain) ou le réacteur à uranium
naturel et eau lourde pour sous-marin (projet français Q 244).
[ c
Droits réservés.]
Figure 2.16. En 1955, un Convair B-36 a été modifié en NB-36H (N pour Nuclear), porteur d’un
réacteur nucléaire, mais qui n’assurait pas la propulsion. Au cours de quarante-sept vols, les effets
des radiations sur les équipements ont été étudiés, ainsi que les blindages de protection. La
fabrication de deux X-6, avions à propulsion nucléaire, a été abandonnée.
Il faut dire qu’en combinant les choix du combustible nucléaire, du caloporteur et
du modérateur (ou absence de modérateur pour un système à neutrons rapides) de très
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L’épopée de l’énergie nucléaire
canal de 112 km entre la Petchora, la Volga et la mer Caspienne pour alimenter cette
dernière en eau douce.
Les premières réalisations électronucléaires
Le nucléaire restera marqué par le « péché nucléaire » de Hiroshima et Nagasaki. Cependant, comme le souligne Bertrand Goldschmidt (Le complexe atomique, p. 9), les développements industriels ont largement bénéficié des acquis obtenus grâce aux programmes
militaires. « Entre les deux aspects civil et militaire [...] il existe une dissymétrie fondamentale. En effet, le développement des armements nucléaires a précédé de quelque dix
à quinze ans celui des installations — moteurs marins et centrales — produisant de l’énergie utilisable et s’est toujours déroulé sans pratiquement subir d’influence de la part des
programmes civils. À l’opposé, la production d’électricité d’origine nucléaire et son cycle
du combustible ont pris leurs racines dans les fondements techniques et industriels des
efforts militaires.
Si le phénomène de fission s’était seulement prêté à la réalisation de l’explosif, la récupération de l’énergie s’étant révélée techniquement ou économiquement impraticable,
le déroulement de l’affaire atomique sous son angle militaire eût été presque inchangé.
En revanche, si, par bonheur, l’arme eût été irréalisable et seule la production d’énergie utilisable possible, le développement de cette nouvelle source se serait déroulé tout
autrement. »
C’est à la fin des années 1940 et au cours de la décennie qui suit qu’apparaissent les
premiers prototypes de réacteurs industriels.
Cette période se caractérise par un foisonnement des idées ; nous n’hésiterions pas
aujourd’hui à considérer comme irréalistes certains programmes de recherche qui furent
menés à cette époque, tel l’avion nucléaire (projet américain) ou le réacteur à uranium
naturel et eau lourde pour sous-marin (projet français Q 244).
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Droits réservés.]
Figure 2.16. En 1955, un Convair B-36 a été modifié en NB-36H (N pour Nuclear), porteur d’un
réacteur nucléaire, mais qui n’assurait pas la propulsion. Au cours de quarante-sept vols, les effets
des radiations sur les équipements ont été étudiés, ainsi que les blindages de protection. La
fabrication de deux X-6, avions à propulsion nucléaire, a été abandonnée.
Il faut dire qu’en combinant les choix du combustible nucléaire, du caloporteur et
du modérateur (ou absence de modérateur pour un système à neutrons rapides) de très
