“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 11 — #25
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1 - Les prémices de l’énergie nucléaire
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On établira plus tard que presque tous les radionucléides naturels sont descendants les
uns des autres dans l’une des trois chaînes, celles de l’uranium 238, celle de l’uranium
235 (les deux isotopes principaux de l’uranium) et celle du thorium 232 (seul isotope
naturel de cet élément). Comme seule la radioactivité alpha fait varier le nombre de masse
(diminution de quatre unités), les valeurs de A des nucléides d’une même chaîne sont soit
toutes multiples de 4 (chaîne du thorium 232), soit toutes multiples de 4 plus 2 (chaîne de
l’uranium 238), soit toutes multiples de 4 plus 3 (chaîne de l’uranium 235) ; la chaîne des
multiples de 4 plus 1 n’existe pas dans la nature.
La découverte de la radioactivité artificielle
Pendant ces « extraordinaires années trente » selon l’expression de leur fille Hélène, Frédéric
Joliot et son épouse Irène Joliot-Curie (fille de Marie et Pierre) mènent eux aussi des expérimentations. L’émulation est vive entre les différents laboratoires de physique nucléaire, à
Paris, en Angleterre, en Allemagne... Frédéric et Irène Joliot-Curie sont passés très près de
la découverte du neutron ; en revanche, c’est à eux que revient le mérite d’avoir mis en
évidence la première radioactivité artificielle en 1934, trente-huit ans après la découverte
de la radioactivité naturelle. En bombardant l’aluminium naturel (aluminium 27) par des
particules alpha (hélium 4), ils obtiennent un phosphore 30 et un neutron s’échappe ; le
phosphore 30 décroît par radioactivité en quelques minutes comme le montre la mesure,
au cours du temps, du rayonnement qu’il émet.
[ c
ACJC - Fonds Curie et Joliot-Curie.]
Figure 1.18. Irène et Frédéric Joliot-Curie, prix
Nobel de chimie en 1935, dans leur laboratoire.
[ c
ACJC - Fonds Curie et Joliot-Curie.]
Figure 1.19. Irène Joliot-Curie.
Moins souvent souligné, mais tout aussi remarquable, notons que le phosphore 30
est non seulement le premier radionucléide artificiel mais aussi le premier émetteur bêtaplus identifié, c’est-à-dire émetteur non pas d’électrons mais d’anti-électrons (ou positons). L’antimatière avait été prédite en 1931 par Paul Dirac et le positon avait été mis en
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1 - Les prémices de l’énergie nucléaire
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On établira plus tard que presque tous les radionucléides naturels sont descendants les
uns des autres dans l’une des trois chaînes, celles de l’uranium 238, celle de l’uranium
235 (les deux isotopes principaux de l’uranium) et celle du thorium 232 (seul isotope
naturel de cet élément). Comme seule la radioactivité alpha fait varier le nombre de masse
(diminution de quatre unités), les valeurs de A des nucléides d’une même chaîne sont soit
toutes multiples de 4 (chaîne du thorium 232), soit toutes multiples de 4 plus 2 (chaîne de
l’uranium 238), soit toutes multiples de 4 plus 3 (chaîne de l’uranium 235) ; la chaîne des
multiples de 4 plus 1 n’existe pas dans la nature.
La découverte de la radioactivité artificielle
Pendant ces « extraordinaires années trente » selon l’expression de leur fille Hélène, Frédéric
Joliot et son épouse Irène Joliot-Curie (fille de Marie et Pierre) mènent eux aussi des expérimentations. L’émulation est vive entre les différents laboratoires de physique nucléaire, à
Paris, en Angleterre, en Allemagne... Frédéric et Irène Joliot-Curie sont passés très près de
la découverte du neutron ; en revanche, c’est à eux que revient le mérite d’avoir mis en
évidence la première radioactivité artificielle en 1934, trente-huit ans après la découverte
de la radioactivité naturelle. En bombardant l’aluminium naturel (aluminium 27) par des
particules alpha (hélium 4), ils obtiennent un phosphore 30 et un neutron s’échappe ; le
phosphore 30 décroît par radioactivité en quelques minutes comme le montre la mesure,
au cours du temps, du rayonnement qu’il émet.
[ c
ACJC - Fonds Curie et Joliot-Curie.]
Figure 1.18. Irène et Frédéric Joliot-Curie, prix
Nobel de chimie en 1935, dans leur laboratoire.
[ c
ACJC - Fonds Curie et Joliot-Curie.]
Figure 1.19. Irène Joliot-Curie.
Moins souvent souligné, mais tout aussi remarquable, notons que le phosphore 30
est non seulement le premier radionucléide artificiel mais aussi le premier émetteur bêtaplus identifié, c’est-à-dire émetteur non pas d’électrons mais d’anti-électrons (ou positons). L’antimatière avait été prédite en 1931 par Paul Dirac et le positon avait été mis en
