“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page xiii — #13
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Introduction
Cette courte histoire de l’énergie nucléaire est destinée aux étudiants de l’Institut national des Sciences et Techniques nucléaires, en particulier aux élèves du Génie atomique ;
j’espère qu’elle pourra intéresser aussi un public plus large.
Si la connaissance de l’histoire d’une science ou d’une technique à laquelle s’intéresse
l’étudiant n’est certes pas en général sa préoccupation première, un éclairage minimal
n’est cependant pas inutile. Comprendre comment sont nés et se sont forgés les grands
concepts permet de mieux les appréhender et de les hiérarchiser. Et l’évocation des acteurs
qui ont fait cette histoire est un hommage qui leur est dû. L’expérience montre que, si on
les a quelque peu sensibilisés, les jeunes sont curieux de connaître un peu mieux leurs
prédécesseurs et les conditions dans lesquelles ils ont travaillé.
Cet éclairage fait l’objet d’une conférence d’une demi-journée en introduction aux
cours du Génie atomique. Ces quelques heures ne permettent pas de rentrer dans tous les
détails. Ce document essaie de combler la curiosité de ceux qui voudront en savoir un
peu plus.
Ce qui est relaté n’est pas vraiment original, sauf peut-être en ce qui concerne les
développements de la neutronique : j’ai seulement fait un tri parmi les statistiques et parmi
les anecdotes relatées dans les nombreux ouvrages beaucoup plus complets qui existent
sur le sujet ; ceux qui m’ont été particulièrement utiles — sur l’histoire et sur la situation
actuelle — sont cités dans la bibliographie.
J’ai délibérément choisi un point de vue privilégiant les travaux et les réalisations françaises. Bien entendu, ces travaux n’ont pas pu ignorer les avancées faites ailleurs dans
le monde et se sont même le plus souvent appuyés sur ces avancées : c’est pourquoi les
recherches et développements menés ailleurs — ceux de Démocrite, Mendeleïev, Bohr,
Fermi, Rickover, Rubbia... comme bien d’autres — seront aussi évoqués.
J’ai décidé de me centrer sur l’aspect énergétique — et plus spécifiquement électrogène — de l’énergie nucléaire ; cependant là aussi le contexte — le projet Manhattan et
l’arme nucléaire, les réacteurs fossiles d’Oklo, les réacteurs de recherche, le problème des
déchets, etc. — ne peut pas être complètement passé sous silence. Mais je ne parlerai
ni des accélérateurs, ni des applications de la radioactivité, ni des développements théoriques — tel le modèle standard de la physique des particules — non directement liés à la
physique des réacteurs.
Enfin, sachant que je m’adresse préférentiellement à de futurs spécialistes de la physique des réacteurs, j’ai voulu apporter aussi un éclairage sur l’évolution des modélisations
et des méthodes de calcul, en particulier sur la révolution qu’a amené dans ces problèmes
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