“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 131 — #145
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Conclusion : nucléaire et développement durable
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— Il en est de même pour les rejets d’effluents, non seulement par les centrales ellesmêmes qui rejettent peu d’effluents radioactifs, mais surtout par les installations connexes,
en particulier les usines de retraitement du combustible irradié.
— C’est sans doute sur la gestion des déchets nucléaires qu’il y aura le plus à gagner,
notamment si l’on parvient à les incinérer au moins partiellement.
— Réduire les risques de prolifération grâce à une meilleure conception générale du
cycle du combustible, par exemple une intégration des différentes étapes sur un même site
facilitant la surveillance, reste un axe de recherche prioritaire. Cela est particulièrement
vrai si l’on veut généraliser le recours à l’énergie nucléaire.
— Jusqu’à aujourd’hui, la mise en place d’installations nucléaires a essentiellement
été l’apanage des pays les plus développés. Il est clair que l’énergie nucléaire n’aura un
avenir que si elle sait s’adapter aux pays moins développés. Cela nécessitera beaucoup
d’efforts de recherche, non seulement pour simplifier davantage les conceptions et réduire
les coûts, ce qui est un objectif général, mais aussi pour répondre aux nécessités plus
spécifiques de ces pays : grande robustesse pour autoriser une exploitation sans risque
par les autochtones ; réduction des tailles des unités, car les réacteurs actuels sont trop
gros pour répondre aux besoins immédiats de ces pays et pour être placés sur les réseaux
électriques ; adaptation à des besoins spécifiques, en particulier le dessalement d’eau de
mer, car dans beaucoup de ces pays la pénurie d’eau est encore plus cruciale que la
pénurie d’énergie.
— L’adaptation de l’énergie nucléaire à d’autres usages que l’électricité reste un défi :
en particulier, beaucoup d’espoirs sont aujourd’hui mis dans le « vecteur hydrogène » :
une source d’énergie — qui pourrait être nucléaire — réaliserait la séparation de l’eau en
ses composants, hydrogène et oxygène ; puis l’hydrogène pourrait se substituer à d’autres
carburants, notamment pour le transport routier, avec l’avantage de ne donner que de
l’eau et pas de gaz carbonique. Mais ces dispositifs, loin d’être au point, nécessiteront de
longues recherches.
— Enfin, il faut souligner que l’énergie nucléaire de fission n’aura un avenir à long
terme que si elle sait utiliser complètement, grâce à la surgénération, les ressources naturelles que sont l’uranium et le thorium ; de nouveaux concepts, si possible suscitant moins
d’inquiétudes que les réacteurs à neutrons rapides à sodium, devront être imaginés et développés. Vaste sujet de recherches ! Et à plus long terme, la fusion prendra peut-être le
relais de la fission : vaste sujet de recherches, là aussi !
• Assurer la formation des spécialistes
Un tel programme de recherches ne se fera pas sans de nombreux spécialistes de haut
niveau. Il est important que l’on conserve, voire développe, les moyens de former les
chercheurs, ingénieurs et techniciens capables de le mener à bien.
Il faut aussi que ces spécialistes sachent non seulement communiquer entre eux, mais
aussi transmettre de façon compréhensible la connaissance vers le public extérieur.
• Obtenir l’adhésion du public
En effet, aussi performants et sûrs que pourront être les systèmes, s’ils n’obtiennent pas
l’adhésion de l’opinion, ils n’auront aucune chance de se développer. Si tant est que cela
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