“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page xi — #11
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Préface
Le livre de Paul Reuss ne se veut, ni un ouvrage technique destiné aux seuls étudiants en
Génie atomique, ni le livre d’un historien professionnel. L’histoire scientifique et industrielle de l’énergie nucléaire y est retracée de l’intérieur, par l’un des acteurs même de
cette histoire, ingénieur et physicien au CEA. L’auteur met a profit sa connaissance approfondie de la physique des réacteurs pour nous faire comprendre les concepts qui ont
permis le développement de différentes filières jusqu’à aujourd’hui. Un chapitre préliminaire résume opportunément les principales avancées qui menèrent de la découverte de
la radioactivité à la découverte de la fission de l’uranium, jusqu’à la première réaction en
chaine de fission auto-entretenue réalisée dans la « pile » de Fermi en décembre 1942.
Le dernier chapitre, en forme de conclusion, fait un bilan rapide des inconvénients et des
atouts de l’énergie nucléaire dans la perspective d’un développement durable.
Les remarques de l’auteur sur les méthodes de modélisation ayant permis la réalisation
des premiers réacteurs sont au cœur du livre. Les approches décrites ont un grand intérêt
bien au-delà de leur objet de départ, la neutronique. Les réflexions sur les mérites de
méthodes de ce type, malgré leurs limitations, comparées aux méthodes de simulation
permises par les calculateurs modernes sonnent comme d’utiles avertissements contre le
risque d’abdication du sens physique.
L’approche descriptive adoptée privilégie les réalisations françaises et les réacteurs de
production d’électricité, sans omettre bien évidemment le contexte mondial, parfois déterminant, ou les programmes d’armes nucléaires. Ce choix de limitation du sujet traité évite
au lecteur d’être submergé par la masse des informations exhaustives que l’on peut trouver
dans des ouvrages spécialisés. Les données de base sur l’électronucléaire en France sont
aisément accessibles en quelques tableaux.
La pile Zoé diverge à Chatillon le 15 décembre 1948. Il s’agit d’un outil de recherche.
Au fil du récit, le lecteur voit se construire, à travers les succès et les difficultés, le projet
qui permet aujourd’hui à notre pays de se passer presque complètement de centrales
brûlant des combustibles fossiles pour produire l’électricité qui lui est nécessaire. L’auteur
s’arrête en particulier sur l’épisode majeur que constitue pour la France le basculement
judicieux de la filière graphite-gaz à uranium naturel, à la filière actuelle de réacteurs
à eau sous pression et uranium légèrement enrichi (REP). L’épisode, comme celui plus
récent de l’arrêt du réacteur Superphénix, incite à la réflexion sur le pouvoir supposé
de la « technoscience », plus limité que beaucoup ne le croient, devant des décisions
économiques ou politiques. Dans le cas de Superphénix, l’auteur souligne à juste titre les
inconvénients de cette décision très politique.
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Préface
Le livre de Paul Reuss ne se veut, ni un ouvrage technique destiné aux seuls étudiants en
Génie atomique, ni le livre d’un historien professionnel. L’histoire scientifique et industrielle de l’énergie nucléaire y est retracée de l’intérieur, par l’un des acteurs même de
cette histoire, ingénieur et physicien au CEA. L’auteur met a profit sa connaissance approfondie de la physique des réacteurs pour nous faire comprendre les concepts qui ont
permis le développement de différentes filières jusqu’à aujourd’hui. Un chapitre préliminaire résume opportunément les principales avancées qui menèrent de la découverte de
la radioactivité à la découverte de la fission de l’uranium, jusqu’à la première réaction en
chaine de fission auto-entretenue réalisée dans la « pile » de Fermi en décembre 1942.
Le dernier chapitre, en forme de conclusion, fait un bilan rapide des inconvénients et des
atouts de l’énergie nucléaire dans la perspective d’un développement durable.
Les remarques de l’auteur sur les méthodes de modélisation ayant permis la réalisation
des premiers réacteurs sont au cœur du livre. Les approches décrites ont un grand intérêt
bien au-delà de leur objet de départ, la neutronique. Les réflexions sur les mérites de
méthodes de ce type, malgré leurs limitations, comparées aux méthodes de simulation
permises par les calculateurs modernes sonnent comme d’utiles avertissements contre le
risque d’abdication du sens physique.
L’approche descriptive adoptée privilégie les réalisations françaises et les réacteurs de
production d’électricité, sans omettre bien évidemment le contexte mondial, parfois déterminant, ou les programmes d’armes nucléaires. Ce choix de limitation du sujet traité évite
au lecteur d’être submergé par la masse des informations exhaustives que l’on peut trouver
dans des ouvrages spécialisés. Les données de base sur l’électronucléaire en France sont
aisément accessibles en quelques tableaux.
La pile Zoé diverge à Chatillon le 15 décembre 1948. Il s’agit d’un outil de recherche.
Au fil du récit, le lecteur voit se construire, à travers les succès et les difficultés, le projet
qui permet aujourd’hui à notre pays de se passer presque complètement de centrales
brûlant des combustibles fossiles pour produire l’électricité qui lui est nécessaire. L’auteur
s’arrête en particulier sur l’épisode majeur que constitue pour la France le basculement
judicieux de la filière graphite-gaz à uranium naturel, à la filière actuelle de réacteurs
à eau sous pression et uranium légèrement enrichi (REP). L’épisode, comme celui plus
récent de l’arrêt du réacteur Superphénix, incite à la réflexion sur le pouvoir supposé
de la « technoscience », plus limité que beaucoup ne le croient, devant des décisions
économiques ou politiques. Dans le cas de Superphénix, l’auteur souligne à juste titre les
inconvénients de cette décision très politique.
