“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 109 — #123
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Perspectives de l’énergie
nucléaire
Introduction
Autant est-il relativement aisé de retracer les grandes lignes de l’histoire, autant est-il hasardeux de dresser des perspectives à long terme : en particulier, l’expérience montre qu’en
matière d’énergie nucléaire les prévisionnistes ont été le plus souvent exagérément optimistes. Par prudence, nous nous limiterons donc, dans ce chapitre, à présenter les avancées les plus récentes des recherches sur l’énergie nucléaire, qui, peut-être, modèleront
les prochaines décennies.
En ce qui concerne les réalisations industrielles, l’époque actuelle est une période
de calme, surtout dans les pays occidentaux, après quelques décennies qui ont vu la
construction de très nombreuses centrales. Le cas français est très caractéristique : en vingt
ans environ, avec la mise en service de cinquante-huit réacteurs à eau sous pression, la part
du nucléaire dans la production d’électricité est passé de quelques pour cent à environ les
trois quarts, ce qui, techniquement, est à peu près le maximum raisonnable compte tenu
de l’apport de l’hydroélectricité et des autres énergies renouvelables, et du petit volant
provenant des énergies fossiles, utile pour passer les « pointes » de consommation. Les
calculs économiques ont été faits sur la base d’une durée de vie des centrales de l’ordre
de trente ans. Avec le recul actuel, il paraît vraisemblable que cette durée de vie sera au
moins de quarante ans, voire plus (les Américains envisagent même des durées de soixante
ans pour leurs centrales les moins anciennes). C’est dire qu’en France en tout cas il n’y a
pas nécessité pendant une ou deux décennies de construire à nouveau un grand nombre
de centrales ; mais il est important de se préparer dès aujourd’hui au renouvellement du
parc car, en matière de nucléaire, les constantes de temps sont longues.
Les techniciens mettent à profit cette période de latence — toute relative, car il faut
exploiter et entretenir le parc, et améliorer la gestion du combustible
1 — pour approfondir
les recherches. Il est frappant de constater le foisonnement actuel des idées qui rappelle
un peu celui des toutes premières années du nucléaire. De nouveaux concepts surgissent,
ou re-surgissent si un contexte scientifique et industriel différent redonne de l’intérêt à un
projet qui avait été abandonné. Ensuite, le temps devra, à nouveau, faire sa sélection.
1 Depuis la mise en route du parc REP français, le combustible MOX a été introduit dans la plupart des cœurs
des réacteurs de 900 MWé et les taux d’épuisement du combustible sont passés de 33 000 MWj/t à près de
45 000, et l’on espère pouvoir monter jusqu’à environ 60 000 ; des gestions par quart de cœur et non plus par
tiers ont été adoptées.
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Perspectives de l’énergie
nucléaire
Introduction
Autant est-il relativement aisé de retracer les grandes lignes de l’histoire, autant est-il hasardeux de dresser des perspectives à long terme : en particulier, l’expérience montre qu’en
matière d’énergie nucléaire les prévisionnistes ont été le plus souvent exagérément optimistes. Par prudence, nous nous limiterons donc, dans ce chapitre, à présenter les avancées les plus récentes des recherches sur l’énergie nucléaire, qui, peut-être, modèleront
les prochaines décennies.
En ce qui concerne les réalisations industrielles, l’époque actuelle est une période
de calme, surtout dans les pays occidentaux, après quelques décennies qui ont vu la
construction de très nombreuses centrales. Le cas français est très caractéristique : en vingt
ans environ, avec la mise en service de cinquante-huit réacteurs à eau sous pression, la part
du nucléaire dans la production d’électricité est passé de quelques pour cent à environ les
trois quarts, ce qui, techniquement, est à peu près le maximum raisonnable compte tenu
de l’apport de l’hydroélectricité et des autres énergies renouvelables, et du petit volant
provenant des énergies fossiles, utile pour passer les « pointes » de consommation. Les
calculs économiques ont été faits sur la base d’une durée de vie des centrales de l’ordre
de trente ans. Avec le recul actuel, il paraît vraisemblable que cette durée de vie sera au
moins de quarante ans, voire plus (les Américains envisagent même des durées de soixante
ans pour leurs centrales les moins anciennes). C’est dire qu’en France en tout cas il n’y a
pas nécessité pendant une ou deux décennies de construire à nouveau un grand nombre
de centrales ; mais il est important de se préparer dès aujourd’hui au renouvellement du
parc car, en matière de nucléaire, les constantes de temps sont longues.
Les techniciens mettent à profit cette période de latence — toute relative, car il faut
exploiter et entretenir le parc, et améliorer la gestion du combustible
1 — pour approfondir
les recherches. Il est frappant de constater le foisonnement actuel des idées qui rappelle
un peu celui des toutes premières années du nucléaire. De nouveaux concepts surgissent,
ou re-surgissent si un contexte scientifique et industriel différent redonne de l’intérêt à un
projet qui avait été abandonné. Ensuite, le temps devra, à nouveau, faire sa sélection.
1 Depuis la mise en route du parc REP français, le combustible MOX a été introduit dans la plupart des cœurs
des réacteurs de 900 MWé et les taux d’épuisement du combustible sont passés de 33 000 MWj/t à près de
45 000, et l’on espère pouvoir monter jusqu’à environ 60 000 ; des gestions par quart de cœur et non plus par
tiers ont été adoptées.
