“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 85 — #99
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3 - La maturité de l’énergie nucléaire
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d’Albion), une composante aérienne (missiles tirés depuis un avion Mirage IV) et une
composante marine, la Force océanique stratégique (FOST, missiles tirés depuis un sousmarin). Il s’avérera par la suite que cette dernière est la plus « dissuasive », puisqu’il est
impossible de détecter la position d’un sous-marin en plongée, et c’est celle qui deviendra
la composante majeure.
L’arme nucléaire nécessite, d’une part, la production de matières nucléaires et, d’autre
part, une mise au point technologique s’appuyant sur des essais en vraie grandeur.
Noter aussi, bien que cela ne concerne plus à proprement parler l’énergie nucléaire,
qu’une arme nécessite un lanceur. Différents lanceurs seront développés, pour chacune
des composantes de la force de frappe. Le dernier modèle équipant les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins est le M45. À partir de 2010, le M51 équipera les SNLE.
• La production de matières nucléaires
En ce qui concerne le plutonium à finalité militaire, la production est assurée par les
réacteurs de Marcoule, G1 (1956-1968), G2 (1959-1980) et G3 (1960-1984), auxquels
pourraient s’adjoindre, si nécessaire, les réacteurs UNGG d’EdF. Les usines de retraitement UP1 (Marcoule, 1958-1997), puis UP2 (La Hague, démarrage en 1966) permettent
d’extraire ce plutonium des combustibles irradiés (pour les réacteurs EdF et UP2, la destination du plutonium sera, en fait, les cœurs des réacteurs à neutrons rapides).
La bombe « H » (fusion thermonucléaire) nécessite de l’uranium 235 et du tritium.
L’uranium 235 proviendra de l’usine d’enrichissement par diffusion gazeuse de Pierrelatte.
Celle-ci est organisée sur quatre niveaux : l’usine basse (mise en service en 1965) produit
de l’uranium enrichi à 2 % ; l’usine moyenne (6 %) ; l’usine haute (25 %) ; l’usine très
haute (mise en service en 1967) qui porte l’uranium à la teneur nécessaire pour l’arme,
soit plus de 90 %.
Deux réacteurs à eau lourde construits à Marcoule, Célestin 1 (mis en service en 1967)
et Célestin 2 (1968) fourniront le tritium par irradiation de lithium.
La production de plutonium de qualité militaire a été arrêtée en 1992 et celle d’uranium hautement enrichi en 1996, le recyclage des matières issues du démantèlement des
armes retirées du service étant suffisant. En revanche, il faut poursuivre la production du
tritium, puisque celui-ci se désintègre avec une période de 12 ans.
• Les essais nucléaires
Les premiers essais de l’arme à plutonium sont effectués dans le Sahara d’abord à Reggane
pour quatre essais : Gerboise bleue (13/02/1960), Gerboise blanche (01/04/1960), Gerboise rouge (27/12/1960) et Gerboise verte (25/04/1961) ; ensuite à In Ecker pour treize
essais échelonnés de 1961 à 1966.
Les essais suivants auront lieu au Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP, créé en
1962) dans les atolls de Mururoa et de Fangataufa. Il y aura 46 essais aériens entre 1966
et 1975, puis 141 essais souterrains entre 1975 et 1992, dont 12 tirs dits de « sécurité »
pour lesquels la réaction en chaîne ne s’est pas produite et destinés à vérifier la sécurité
des têtes nucléaires (pas d’explosion nucléaire en cas d’allumage accidentel). Le premier
tir thermonucléaire français a lieu à Fangataufa le 24/08/1968.
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