1. La physique et les questions sur le monde
trouvaient. Les résultats se sont révélés relativement précis, notamment au regard des
moyens mis en jeu à l’époque, et c’est une des raisons pour lesquelles leurs modèles ont
été utilisés (tout en les améliorant et les affinant) au cours des siècles suivants, jusqu’à
ce que les progrès techniques permettent de nouvelles mesures plus précises et plus
fiables.
Les savants grecs ont très tôt tenté d’appliquer un modèle mécanique du monde, en
considérant l’intervention divine seulement pour les causes premières des phénomènes.
Ainsi Thalès (vers 625 av. J.-C. – vers 547 av. J.-C.) proposa que la Terre flottât sur
l’eau, d’autres tels Anaximène (vers 585 av. J.-C. – vers 525 av. J.-C.) pensaient qu’elle
flottait dans l’air. Les pythagoriciens voyant les bateaux disparaître à l’horizon furent
les premiers à énoncer que la Terre était sphérique. Les savants grecs proposèrent
également une théorie de la matière dans laquelle les manifestations que sont l’eau, le
ARISTOTE (384 AV. J.-C. – 322 AV. J.-C.)
Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.), est sans aucun doute un des grands hommes de la
période antique, à la fois philosophe mais aussi scientifique. Né dans l’actuel Macédoine,
Aristote reprit les idées et les concepts des savants grecs qui l’avaient précédé, pour
proposer une vision du monde qui s’imposa aux hommes de l’Antiquité pendant les
siècles qui suivirent.
Une de ses œuvres majeures s’appelle La Physique ; c’est la première fois que l’on
nomme ainsi la science traitant de la nature, des phénomènes naturels et de leurs
causes. La physique dite aristotélicienne fut admise jusqu’au XV
e siècle. Aristote expliquait
notamment le mouvement des objets par une tendance à retourner vers leur lieu d’origine :
il fait alors une différence entre deux éléments légers (air et feu) et deux éléments lourds
(terre et eau), ces quatre éléments permettant de décrire tout ce qui existe. Se fondant sur
le principe dictant que la Nature a horreur du vide, Aristote propose le terme d’éther pour
désigner un cinquième élément constituant la sphère céleste. Cette notion continuera à
être utilisée jusqu’au XIX
e siècle.
Selon son modèle, les éléments légers ont tendance à retourner vers leur place naturelle
stable, c’est-à-dire le ciel ou plutôt l’extrémité de l’Univers, tandis que les éléments lourds
tendent à se déplacer vers leur origine, le centre de la Terre considéré comme le centre de
l’Univers. Aristote parle alors de mouvement naturel lorsqu’il évoque les mouvements de
ces éléments ; il parle de mouvements forcés (ou violents) pour ceux résultant de l’action
de forces extérieures (notamment dues à l’homme).
Aristote est un physicien de sens commun. Ses théories permettent d’expliquer de manière
directe les phénomènes observés : une bille de plomb tombe plus vite qu’une bille de
mousse car sa tendance à rejoindre sa place naturelle est plus forte (et la bille de mousse
contient a priori plus d’élément « air » que la bille de plomb, ce qui la retient un peu plus
vers le haut).
À l’époque, l’apport d’Aristote à la physique fut considérable : il a notamment montré que
l’on pouvait expliquer les phénomènes observés par une suite d’arguments découlant les
uns des autres, qu’on peut appeler des démonstrations. Cependant sa théorie se trouva
limitée car elle reposait sur des postulats issus de l’observation directe, sans instruments.
©
Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
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“Gautron_9782100543007” (Col. : ScienceSup3-193x250) — 2010/6/15 — 17:13 — page 3 — #13
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trouvaient. Les résultats se sont révélés relativement précis, notamment au regard des
moyens mis en jeu à l’époque, et c’est une des raisons pour lesquelles leurs modèles ont
été utilisés (tout en les améliorant et les affinant) au cours des siècles suivants, jusqu’à
ce que les progrès techniques permettent de nouvelles mesures plus précises et plus
fiables.
Les savants grecs ont très tôt tenté d’appliquer un modèle mécanique du monde, en
considérant l’intervention divine seulement pour les causes premières des phénomènes.
Ainsi Thalès (vers 625 av. J.-C. – vers 547 av. J.-C.) proposa que la Terre flottât sur
l’eau, d’autres tels Anaximène (vers 585 av. J.-C. – vers 525 av. J.-C.) pensaient qu’elle
flottait dans l’air. Les pythagoriciens voyant les bateaux disparaître à l’horizon furent
les premiers à énoncer que la Terre était sphérique. Les savants grecs proposèrent
également une théorie de la matière dans laquelle les manifestations que sont l’eau, le
ARISTOTE (384 AV. J.-C. – 322 AV. J.-C.)
Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.), est sans aucun doute un des grands hommes de la
période antique, à la fois philosophe mais aussi scientifique. Né dans l’actuel Macédoine,
Aristote reprit les idées et les concepts des savants grecs qui l’avaient précédé, pour
proposer une vision du monde qui s’imposa aux hommes de l’Antiquité pendant les
siècles qui suivirent.
Une de ses œuvres majeures s’appelle La Physique ; c’est la première fois que l’on
nomme ainsi la science traitant de la nature, des phénomènes naturels et de leurs
causes. La physique dite aristotélicienne fut admise jusqu’au XV
e siècle. Aristote expliquait
notamment le mouvement des objets par une tendance à retourner vers leur lieu d’origine :
il fait alors une différence entre deux éléments légers (air et feu) et deux éléments lourds
(terre et eau), ces quatre éléments permettant de décrire tout ce qui existe. Se fondant sur
le principe dictant que la Nature a horreur du vide, Aristote propose le terme d’éther pour
désigner un cinquième élément constituant la sphère céleste. Cette notion continuera à
être utilisée jusqu’au XIX
e siècle.
Selon son modèle, les éléments légers ont tendance à retourner vers leur place naturelle
stable, c’est-à-dire le ciel ou plutôt l’extrémité de l’Univers, tandis que les éléments lourds
tendent à se déplacer vers leur origine, le centre de la Terre considéré comme le centre de
l’Univers. Aristote parle alors de mouvement naturel lorsqu’il évoque les mouvements de
ces éléments ; il parle de mouvements forcés (ou violents) pour ceux résultant de l’action
de forces extérieures (notamment dues à l’homme).
Aristote est un physicien de sens commun. Ses théories permettent d’expliquer de manière
directe les phénomènes observés : une bille de plomb tombe plus vite qu’une bille de
mousse car sa tendance à rejoindre sa place naturelle est plus forte (et la bille de mousse
contient a priori plus d’élément « air » que la bille de plomb, ce qui la retient un peu plus
vers le haut).
À l’époque, l’apport d’Aristote à la physique fut considérable : il a notamment montré que
l’on pouvait expliquer les phénomènes observés par une suite d’arguments découlant les
uns des autres, qu’on peut appeler des démonstrations. Cependant sa théorie se trouva
limitée car elle reposait sur des postulats issus de l’observation directe, sans instruments.
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