Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
tu n’as jamais essayé ? » À son grand étonnement, Stallman était
assez doué pour la danse et y prit plaisir. Ce qui avait commencé
comme une expérience finit par devenir une autre passion, avec le
hacking et les études. Ce fut aussi, occasionnellement, un moyen
de rencontrer des filles, même s’il n’engagea pas de relation au
cours de sa carrière universitaire.
En dansant, Stallman ne se sentait plus cet enfant de dix ans
maladroit dont le manque de coordination motrice avait rendu
frustrants ses essais au football américain. Il se sentait confiant,
agile et vivant. Au début des années 1980, il alla même plus loin et
rejoignit le MIT Folk Dance Performing Group. Revêtu de l’habit
traditionnel des paysans des Balkans, il prit plaisir à danser devant
les spectateurs et se découvrit une aptitude à la scène qui l’aida
plus tard à s’exprimer en public.
La danse et la programmation (hacking), sans réellement améliorer son aisance sociale, devaient malgré tout l’aider à surmonter le sentiment d’exclusion qui avait assombri sa vie préHarvardienne.
En 1977, alors qu’il assistait pour la première fois à une convention sur la science-fiction, il rencontra Nancy, une femme qui faisait de la calligraphie à la demande sur des badges. Fébrile, Stallman en commanda un avec l’inscription « Destituons Dieu » (Impeach God).
Pour lui, le message était à plusieurs niveaux. Athée depuis
toujours, Stallman y vit l’ouverture d’un « deuxième front » dans
le débat religieux en cours. « À l’époque, la question qui préoccupait tout le monde était de savoir si un dieu existait vraiment, se
souvient-il. ‘Destituons Dieu’ abordait le problème sous un angle
complètement différent. Si un dieu était si puissant qu’il ait créé
le monde, mais qu’ensuite il ne fasse rien pour y corriger les problèmes, à quoi bon l’adorer ? Ne serait-il pas plus juste de le juger ? »
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