Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
programmeur, il a brouillé certaines frontières techniques et juridiques fondamentales. Ainsi ne faisait-il pas de distinction claire
entre, d’une part, modifier le code d’un programme existant et,
d’autre part, implémenter certaines des idées de ce code dans un
nouveau programme. Par exemple, il était dit dans la première édition qu’à la fois Gosmacs et GNU Emacs avaient été développés
en modifiant le programme original PDP-10 Emacs, ce qui n’était
le cas ni pour l’un, ni pour l’autre. De même, le texte désignait à
tort Linux comme une « version de Minix » — SCO a d’ailleurs
prétendu la même chose dans leur tristement célèbre procès contre
IBM, et tant Torvalds que Tanenbaum ont dû réfuter l’affirmation.
La première édition dramatisait exagérément de nombreux événements en y projetant des émotions. Par exemple, il y était dit
qu’en 1992 je « fuyais Linux » avant de faire en 1993 « une spectaculaire volte-face » en décidant de financer Debian GNU/Linux.
Tant mon intérêt en 1993 que mon désintérêt en 1992 n’étaient
que des actions au service d’un même but : achever le système
GNU. Il en allait de même du lancement du noyau GNU Hurd en
1990.
Pour toutes ces raisons, de nombreuses affirmations dans
l’édition originale étaient erronées ou incohérentes. Il était nécessaire de les rectifier, mais le faire honnêtement était délicat sans
une récriture totale qui n’était pas désirable. L’utilisation de notes
explicites rectificatives a été suggérée, mais l’ampleur des modifications l’aurait rendue impossible dans la plupart des chapitres.
Certaines erreurs étaient trop profondément ancrées dans le texte
pour être corrigées par des notes. Quant aux autres, des notes au
fil ou en bas de page auraient alourdi considérablement et rendu
l’ensemble illisible — les notes de bas de page étant évidemment
ignorées par un lecteur lassé. C’est pourquoi j’ai directement corrigé le texte.
VI
programmeur, il a brouillé certaines frontières techniques et juridiques fondamentales. Ainsi ne faisait-il pas de distinction claire
entre, d’une part, modifier le code d’un programme existant et,
d’autre part, implémenter certaines des idées de ce code dans un
nouveau programme. Par exemple, il était dit dans la première édition qu’à la fois Gosmacs et GNU Emacs avaient été développés
en modifiant le programme original PDP-10 Emacs, ce qui n’était
le cas ni pour l’un, ni pour l’autre. De même, le texte désignait à
tort Linux comme une « version de Minix » — SCO a d’ailleurs
prétendu la même chose dans leur tristement célèbre procès contre
IBM, et tant Torvalds que Tanenbaum ont dû réfuter l’affirmation.
La première édition dramatisait exagérément de nombreux événements en y projetant des émotions. Par exemple, il y était dit
qu’en 1992 je « fuyais Linux » avant de faire en 1993 « une spectaculaire volte-face » en décidant de financer Debian GNU/Linux.
Tant mon intérêt en 1993 que mon désintérêt en 1992 n’étaient
que des actions au service d’un même but : achever le système
GNU. Il en allait de même du lancement du noyau GNU Hurd en
1990.
Pour toutes ces raisons, de nombreuses affirmations dans
l’édition originale étaient erronées ou incohérentes. Il était nécessaire de les rectifier, mais le faire honnêtement était délicat sans
une récriture totale qui n’était pas désirable. L’utilisation de notes
explicites rectificatives a été suggérée, mais l’ampleur des modifications l’aurait rendue impossible dans la plupart des chapitres.
Certaines erreurs étaient trop profondément ancrées dans le texte
pour être corrigées par des notes. Quant aux autres, des notes au
fil ou en bas de page auraient alourdi considérablement et rendu
l’ensemble illisible — les notes de bas de page étant évidemment
ignorées par un lecteur lassé. C’est pourquoi j’ai directement corrigé le texte.
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