Destituer Dieu
d'autres en ôtaient quelques dalles du plafond et escaladaient le
mur. Au neuvième étage, certains faisaient de la spéléologie dans
les faux plafonds où passait le câblage informatique. « On m’avait
même montré un petit chariot muni d’un lourd cylindre de métal
qui avait servi à enfoncer la porte d’un des bureaux des professeurs », raconte Stallman. Cela dit, Gerald Sussman, membre du
MIT et hacker qui travailla au AI Lab avant Stallman, conteste
cette histoire. Selon lui, les hackers n'enfonçaient pas de portes.
Avec obstination, ils veillaient à ce que le travail au laboratoire
ne soit pas gêné par les demandes des professeurs. Ils tenaient
compte des besoins de chacun en insistant pour que cela ne gêne
personne d'autre. Par exemple, si un professeur souhaitait protéger
du vol l'un de ses objets, il s'entendait répondre : « Personne
ne fera d'objection à ce que vous fermiez votre bureau à clef —
quoique cela manque de convivialité — tant que vous n’y enfermez
pas le terminal du laboratoire. »
Même si, au AI Lab, la population universitaire surpassait largement en nombre celle des hackers, ces derniers faisaient prévaloir leur éthique. Et pour cause : n'étaient-ils pas en effet ces
employés et étudiants qui avaient conçu et construit les pièces
d’ordinateurs, et écrit quasi tous les programmes utilisés au laboratoire ? N'étaient-ils pas ceux qui faisaient tourner l’ensemble ?
Leur travail était essentiel et ils refusaient la moindre pression.
Travaillant aussi bien sur des projets personnels qu’à la demande
des utilisateurs, ils passaient le plus clair de leur temps à optimiser toujours plus les machines et les logiciels — y compris dans le
cadre de leurs propres projets. Comme ces jeunes fous de mécanique automobile (hot-rodders), ils voyaient dans le bricolage de
ces machines une fin en soi.
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d'autres en ôtaient quelques dalles du plafond et escaladaient le
mur. Au neuvième étage, certains faisaient de la spéléologie dans
les faux plafonds où passait le câblage informatique. « On m’avait
même montré un petit chariot muni d’un lourd cylindre de métal
qui avait servi à enfoncer la porte d’un des bureaux des professeurs », raconte Stallman. Cela dit, Gerald Sussman, membre du
MIT et hacker qui travailla au AI Lab avant Stallman, conteste
cette histoire. Selon lui, les hackers n'enfonçaient pas de portes.
Avec obstination, ils veillaient à ce que le travail au laboratoire
ne soit pas gêné par les demandes des professeurs. Ils tenaient
compte des besoins de chacun en insistant pour que cela ne gêne
personne d'autre. Par exemple, si un professeur souhaitait protéger
du vol l'un de ses objets, il s'entendait répondre : « Personne
ne fera d'objection à ce que vous fermiez votre bureau à clef —
quoique cela manque de convivialité — tant que vous n’y enfermez
pas le terminal du laboratoire. »
Même si, au AI Lab, la population universitaire surpassait largement en nombre celle des hackers, ces derniers faisaient prévaloir leur éthique. Et pour cause : n'étaient-ils pas en effet ces
employés et étudiants qui avaient conçu et construit les pièces
d’ordinateurs, et écrit quasi tous les programmes utilisés au laboratoire ? N'étaient-ils pas ceux qui faisaient tourner l’ensemble ?
Leur travail était essentiel et ils refusaient la moindre pression.
Travaillant aussi bien sur des projets personnels qu’à la demande
des utilisateurs, ils passaient le plus clair de leur temps à optimiser toujours plus les machines et les logiciels — y compris dans le
cadre de leurs propres projets. Comme ces jeunes fous de mécanique automobile (hot-rodders), ils voyaient dans le bricolage de
ces machines une fin en soi.
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