Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Au bout du compte, il y avait pour lui autant d’irrationnel dans
les forces qui menaient le mouvement contre la guerre que dans la
culture des jeunes, et ces deux mouvements en devenaient indissociables. Au lieu d’aduler les Beatles, les filles de l’âge de Stallman
adorèrent soudainement des agitateurs comme Abbie Hoffman et
Jerry Rubin. Pour un jeune homme comme Stallman, qui peinait
à comprendre ses pairs adolescents, il y avait de l’ironie dans des
slogans tels que « faites l’amour, pas la guerre ». Stallman ne voulait pas faire la guerre, en tout cas pas en Asie du Sud-Est et pour
autant, personne ne lui demandait de faire l’amour…
« Je n’aimais pas la contre-culture, se rappelle-t-il. Je n’aimais
ni leur musique ni leurs drogues — dont j’avais peur. En particulier, je n’aimais pas leur anti-intellectualisme, ni leurs préjugés contre la technologie. Après tout, j’aimais les ordinateurs. Je
n’aimais pas non plus l’anti-américanisme primaire que je rencontrais souvent. Il y avait des gens dont la pensée était si simpliste que s’ils désapprouvaient la conduite des États-Unis dans
la guerre du Vietnam, ils devaient forcément soutenir le NordVietnam. J’imagine qu’il leur était impossible d’imaginer une position plus subtile. »
De tels commentaires soulignent un trait essentiel pour la maturation politique de Stallman. Pour lui, l’assurance politique était
directement liée à sa confiance en soi. Jusqu’en 1970, il se sentait
peu sûr de lui hors du domaine des mathématiques et des sciences.
Mais c’est précisément cette assurance toute mathématique qui lui
permit d’analyser, en termes purement logiques, l’extrémisme du
mouvement contre la guerre, et de lui opposer une faille de raisonnement. Bien qu’opposé à celle du Vietnam, Stallman ne voyait
en effet aucune raison de désavouer la guerre elle-même comme
moyen de défense de la liberté ou de lutte contre les injustices.
Dans les années 1980, un Stallman plus confiant décida de rattraper sa passivité d’autrefois en participant à des rassemblements
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Au bout du compte, il y avait pour lui autant d’irrationnel dans
les forces qui menaient le mouvement contre la guerre que dans la
culture des jeunes, et ces deux mouvements en devenaient indissociables. Au lieu d’aduler les Beatles, les filles de l’âge de Stallman
adorèrent soudainement des agitateurs comme Abbie Hoffman et
Jerry Rubin. Pour un jeune homme comme Stallman, qui peinait
à comprendre ses pairs adolescents, il y avait de l’ironie dans des
slogans tels que « faites l’amour, pas la guerre ». Stallman ne voulait pas faire la guerre, en tout cas pas en Asie du Sud-Est et pour
autant, personne ne lui demandait de faire l’amour…
« Je n’aimais pas la contre-culture, se rappelle-t-il. Je n’aimais
ni leur musique ni leurs drogues — dont j’avais peur. En particulier, je n’aimais pas leur anti-intellectualisme, ni leurs préjugés contre la technologie. Après tout, j’aimais les ordinateurs. Je
n’aimais pas non plus l’anti-américanisme primaire que je rencontrais souvent. Il y avait des gens dont la pensée était si simpliste que s’ils désapprouvaient la conduite des États-Unis dans
la guerre du Vietnam, ils devaient forcément soutenir le NordVietnam. J’imagine qu’il leur était impossible d’imaginer une position plus subtile. »
De tels commentaires soulignent un trait essentiel pour la maturation politique de Stallman. Pour lui, l’assurance politique était
directement liée à sa confiance en soi. Jusqu’en 1970, il se sentait
peu sûr de lui hors du domaine des mathématiques et des sciences.
Mais c’est précisément cette assurance toute mathématique qui lui
permit d’analyser, en termes purement logiques, l’extrémisme du
mouvement contre la guerre, et de lui opposer une faille de raisonnement. Bien qu’opposé à celle du Vietnam, Stallman ne voyait
en effet aucune raison de désavouer la guerre elle-même comme
moyen de défense de la liberté ou de lutte contre les injustices.
Dans les années 1980, un Stallman plus confiant décida de rattraper sa passivité d’autrefois en participant à des rassemblements
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