Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
qui incite à faire des choses stupides comme dépenser tout son argent au lieu de l’épargner — parce que j’étais à peine conscient de
cette pression. En outre, les syndicats des années 1960, à l’apogée
de leur puissance, étaient parfois arrogants ou corrompus. Ils sont
fort affaiblis aujourd’hui, avec pour résultat que la croissance économique, lorsqu’elle a lieu, ne bénéficie qu’aux riches. » D’ailleurs,
au sujet de la réforme du système de santé américain, sa position
est au moins progressiste — voir son appel à soutenir un système de
sécurité sociale : http://stallman.org/archives/2009-jul-oct.html#
25%20October%202009.
Mariée en 1948 avec Daniel Stallman, le père de Richard, Alice
Lippman divorça en 1958 — la décision de justice entérinant une
garde partagée. Mère célibataire pendant près de dix ans, elle peut
témoigner de l’aversion de Richard pour toute forme d’autorité,
mais aussi de son inextinguible soif de connaissance. C’est lorsque
ces deux aspects se combinaient que Richard et sa mère connaissaient leurs pires affrontements.
« On aurait dit qu’il ne voulait jamais manger, dit-elle en se
remémorant son comportement, de l’âge de huit ans jusqu’à son
baccalauréat en 1970. Il ne m’entendait pas quand je l’appelais
pour le dîner. Je devais crier neuf ou dix fois avant qu’il me prête
attention. Il était complètement absorbé. »
Stallman, quant à lui, se remémore à peu près les mêmes
choses, mais en y ajoutant une connotation politique : « J’adorais
lire. Si je voulais lire et que ma mère m’ordonnait d’aller manger ou
dormir, je n’obéissais pas. Je ne voyais aucune raison pour qu’elle
m’empêche de lire, ou qui l’autorise à me dire ce que j’avais à faire,
point. La majeure partie de ce que j’avais lu à propos de la démocratie et des libertés individuelles, je l’appliquais à moi-même.
Car je ne voyais aucune raison d’en exclure les enfants. »
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