Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
même dans les temps relativement tranquilles de l’avant-11 septembre, on n’est encore jamais assez prudent ni prévoyant.
Ces affichettes offrent un intéressant contrepoint thématique
au nombre croissant de visiteurs réunis dans l’atrium du hall.
Quelques-uns font penser à des étudiants de l’université de NewYork. La plupart ressemblent à ces habitués des concerts, chevelus
ébouriffés s’agitant devant la scène avant le grand spectacle. Le
temps d’une matinée, les masses auront ainsi pris d’assaut le Warren Weaver Hall, ne laissant au vigile rien de mieux à faire que de
regarder Ricky Lake à la télé et de diriger d’un signe de l’épaule
vers l’amphithéâtre voisin les nombreux visiteurs demandant « la
conf’ ».
Une fois à l’intérieur de l’auditorium, le visiteur découvre celui qui a forcé l’arrêt temporaire des procédures de sécurité de
l’immeuble. Il s’agit de Richard M. Stallman, fondateur du projet GNU, lauréat en 1990 de la bourse MacArthur 1 et du prix
Grace Murray Hopper de l’ACM (Association for Computing Machinery), co-bénéficiaire du prix 2001 de la Fondation Takeda pour
l’amélioration sociale et économique, et ex-hacker au laboratoire
d’intelligence artificielle du MIT. Tous les sites web destinés aux
hackers — y compris celui du projet GNU (gnu.org) — se sont
passé le mot : Stallman est à Manhattan, sa ville d’origine, pour
un discours récusant la récente campagne de Microsoft contre la
licence GNU GPL (GNU General Public License).
Le discours porte sur l’histoire et l’avenir du mouvement pour
le logiciel libre. L’endroit où il est prononcé est significatif. Moins
d’un mois auparavant, le 3 mai 2001, le vice-président de Microsoft,
Craig Mundie prononçait dans un lieu tout proche, la Stern School
1. Également surnommé « bourse des génies » (genius grant), le prix MacArthur récompense depuis 1978 aux États-Unis les travaux les plus créatifs
et ingénieux tous domaines confondus.
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