Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
charmeur que dans mes souvenirs, Stallman conservait ce même
niveau d’acidité. Lorsque ma femme entama un emphatique « Dieu
nous en garde », elle reçut instantanément une réprimande typique
de Stallman : « Je suis désolé d’avoir à te l’apprendre, mais Dieu
n’existe pas », dit-il.
J'ai dû être trop pince-sans-rire. Il aurait pu m'accuser, à juste
titre, de faire le malin, mais pas de l’avoir blâmée.
Plus tard, quand le dîner fut terminé et Sarah partie, il semblait avoir un peu baissé sa garde. Alors que nous marchions vers
un marchand de livres voisin, il admit que les douze derniers mois
avaient énormément changé son regard sur la vie. « Je pensais que
j’allais être seul pour toujours, dit-il. Je suis heureux de m’être
trompé. »
Avant de nous quitter, il me tendit sa « carte de plaisir »,
une carte de visite avec son adresse, son numéro de téléphone,
et ses passe-temps favoris (« s’échanger de bons livres, la bonne
cuisine, les danses et les musiques exotiques ») afin que je puisse
le contacter pour un entretien final.
Le lendemain, autour d’un nouveau repas vapeur chinois, il
semblait encore plus amoureux que le soir précédent. Se souvenant
de ses débats dans le dortoir de la Currier House sur les avantages
et les inconvénients des sérums d’immortalité, il exprima le souhait que les scientifiques puissent un jour trouver la clef de la vie
éternelle. « Maintenant que je commence enfin à être heureux, je
souhaite vivre plus longtemps », dit-il.
Alors que j’évoquai le commentaire de Sarah sur son « écrasante solitude », Stallman dit ne pas voir de relation entre la solitude physique et spirituelle, et celle des hackers. « L’envie de
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charmeur que dans mes souvenirs, Stallman conservait ce même
niveau d’acidité. Lorsque ma femme entama un emphatique « Dieu
nous en garde », elle reçut instantanément une réprimande typique
de Stallman : « Je suis désolé d’avoir à te l’apprendre, mais Dieu
n’existe pas », dit-il.
J'ai dû être trop pince-sans-rire. Il aurait pu m'accuser, à juste
titre, de faire le malin, mais pas de l’avoir blâmée.
Plus tard, quand le dîner fut terminé et Sarah partie, il semblait avoir un peu baissé sa garde. Alors que nous marchions vers
un marchand de livres voisin, il admit que les douze derniers mois
avaient énormément changé son regard sur la vie. « Je pensais que
j’allais être seul pour toujours, dit-il. Je suis heureux de m’être
trompé. »
Avant de nous quitter, il me tendit sa « carte de plaisir »,
une carte de visite avec son adresse, son numéro de téléphone,
et ses passe-temps favoris (« s’échanger de bons livres, la bonne
cuisine, les danses et les musiques exotiques ») afin que je puisse
le contacter pour un entretien final.
Le lendemain, autour d’un nouveau repas vapeur chinois, il
semblait encore plus amoureux que le soir précédent. Se souvenant
de ses débats dans le dortoir de la Currier House sur les avantages
et les inconvénients des sérums d’immortalité, il exprima le souhait que les scientifiques puissent un jour trouver la clef de la vie
éternelle. « Maintenant que je commence enfin à être heureux, je
souhaite vivre plus longtemps », dit-il.
Alors que j’évoquai le commentaire de Sarah sur son « écrasante solitude », Stallman dit ne pas voir de relation entre la solitude physique et spirituelle, et celle des hackers. « L’envie de
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